CHAPITRE IV
Pathogénie.
Le frisson, la fièvre, les divers troubles de l'état général, tant dans la pneumonie que dans lappendicite,
marquent l'invasion microbienne de l'organisme et ne sont précisément que l'expression de sa réaction. :
Pour expliquer le vomissement dans la pneumonie, Magnus Hüss avait cru devoir invoquer une irritation du pneumogastrique par le fait de l'inflammation pul- | monaire. [| paraît aussi logique de le ‘considérer TT l'instar de la céphalée comme l'indice d’une perturba= tion du système nerveux due à l’action des toxines sur les centres.
Mais, à quoi est due la douleur ?*
Piorry, Bouillaud, Beau ont admis que 1e point de côté résultait d’une névrite intercostale siégeant dans le tiers postérieur du nerf, là où celui-ci est placé immédiatement sous la plèvre. La plèvre étant enflammée dans la pneumonie, le nerf s’enflamme à son contact et «comme l'irritation du trone se rapporte aux branches
+ et septième espace, cela tient à ce que la to côte étant la plus mobile de toutes, doit souffrir la plus dans ; les grands mouvements. »
e Pour Grisolle et Andral, le point de côté doit être rapporté à une pleurésie concomitante et pourtant, Qt = LES le premier: « Ayant ouvert le cadavre d’un individu
atteint de pneumonie, je ne pus retrouver en aucun. | le moindre vestige de pleurésie récente et cepen- dant le malade avait accusé pendant 1 vie l'existence
€ un point de côté. » s
- Pour Germain Sée, la douleur Sorait due à linflam- - mation des tissus sous- pleuraux. : ÿ) Ainsi dans toutes ces théories, la plèvre pariétale = tient le rôle prépondérant, c’est elle la cause du mal. Quand cette plèvre n'est pas touchée et que le point de côté existe (comme dans le cas de Grisolle), dans les 25 El preumonies centrales, comment expliquer le point de Fe côté? Et comment expliquer les cas où il est double, HER bilatéral, croisé, abdominal ? 5
Il faut admettre une autre interprétation : le point de 4 é côté n'est autre qu’une douleur névralgique. Ilen a tous da
les caractères : continuité, paroxysmes, exaspération par les mouvements, la pression, il s'accompagne Fo d'hyperesthésie cutanée. Il est dû à la névralgie des | à nerfs intercostaux.
Cette névralgie pourra, dans les cas où la plèvre pariétale est enflammée, relever de cette inflammation, les S
rapports de la plèvre avec de nerfs intercostaus à leur origine, son innervêtion par. des filets ‘émanés de es nerfs rendent possible cette pathogénie. Dans les
tres, elle sera le fait de la phlogose du POSE lui même, comme nous l'allons voir. Re ré __ Bassereau, dans sa thèse écrivait : « La névralgie in . tercostale est le plus souvent symptomatique de l’aftec-
tion de quelque viscère dont la souffrance est transmise à aux nerfs intercostaux par les anastomoses que le grand =: Par splanchnique à avec eux. » Il ne citait du reste que l’utérus et ses anexes comme point de épars ie de ne à £
névralgie intercostale. LE Mais pourquoi cette hypothèse ne Ss S'appliquerait- elle x pas à la pneumonie ? et pourquoi ie poumon hépatisé ne
produirait-il pas la névralgie réflexe des ARENA :
C'est l'avis de Mirande qui a donné de la question une * | étude r#isonnée. C'est l'avis de M. Comby et du profes seur Massalongo et nous le partageons. Lee
La sensibilité pulmonaire est sous la dépendance du sympathique. Or, dit Head : « Les fibres sensiÿves des organes internes pénètrent dans la moelle par l'intermé-
diaire des rameaux communicants et des racines posté-
rieures ; ces fibres portent les irradiations douloureuses
dans le segment correspondant de la moelle d'où elles S'irradient dans les nerfs périphériques tributaires de ce
segment. » Et suivant le même auteur le poumon réagit
dans les 7 premiers champs segmentaires qui répondent à peu près aux espaces intercostaux correspondants et particulièrement au niveau du 4. ;
A l'état normal, la sensibilité du poumon est obtuse,
AS
ais vienne ie. poumon à S or e sa souffrance sera transmise par le sympathique à la moelle qui la sa ee réfléchira suivant les nerfs intercostaux thoraciques gt s si se trouve expliqué le point thoracique.
Sr il See dans la moelle Ron relier les différents 2%
Le nous permet de ue en Fit douloureuse au lieu de suivre par exemple le 5° inter- Res costal | empruntera le. trajet des9°, 10°, 11° et 12° inter- A # costaux, tous nerfs qui sont abdominaux et ainsi se
JE. trouve expliqué le point de côté abdominal . Et la dou-
leur. qui dans nos observations est notée comme ayant
me existé au point de Mac- -Burney n'est pas autre chose
que l'algie pulmonaire transmise et ressentie au ni-
veau de- la branche perforante antérieure du 12° nerf intercostal (véritable point de Valleix). Cette branche tra- verse d’arrière en avant le bord externe du grand droit
et se distribue à la peau. L’on ne devra donc point être
étonné que le chetouillement de la peau produise de c l’hyperesthésie et que la main appuyant sur ces terminaisons nerveuses douloureures provoque une contracture musculaire réflexe. Et nous aurons la triade du professeur Dieul läfoy.
Nous ne savons pas si anatomiquement la branche
perforante antérieure du 12° qui comme le point de Pi Mac-Burney siège sur le bord externe du droit de l’ab- 4 domen est située à égale distance de lombilic et de l'épine iliaque antérieure et supérieure. Si cela était, nous aurions beau jeu à nous demander si le point de Mac- -Burney nest pas Seulement à l'encontre de ce qu’on
| costal. An fait, pourquoi appoidies ae és ne Nue pas par une éne du 12° sut sa ;
“de Éioeetin AE et du prb niet la douleur s a dans les champs segmentaires compris entré le 9°et le 12° qui répondent au trajet du nerf intercostal? Massa- RE longo le croit, Mirande n'hésite pas à l admettre et alors «il est naturel, dit ce dernier, qu ‘une pneumonie irra- diant son point de côté le long du 12° intercostal, puisse simuler le syndrome appendiculaire, elle n'imite pas le point de Mac-Burney, elle le produit. » Et tous deux ar- Ë rivent à cette conclusion nécessaire que le point de Mac- È Burney n est pas PRCROBROENS La l'ebpendieites | 6: aigue Tout celan ’estévidemment qu'hypothèses mais s hypo: É thèses vraisemblables.
Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable. Le
vraisemblable pourrait dans notre cas être vrai nou dice lis est. IR
ké? 4