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Zaxsser et ses collaborateurs essayèrent alors diverses méthodes pour réduire cette activité phago-
cytaire des olobules blancs :
— Les rats furent d'abord soumis à des régimes carencés en vitamine, pour réduire leur résistance
aux infections 5
— Une deuxième méthode consistait à injecter du benzol, quelques jours avant l'injection du maté-
riel virulent £
— Finalement, et c'est la méthode actuellement employée, les rats furent exposés aux rayons X pendant une heure (600 r unités), immédiatement avant
: d'être infectés.
Les rats meurent environ sept jours après leur inoculation, et l'exsudat péritonéal est alors extrême-
ment riche en rickettsias libres.
La cavité péritonéale des rats infectés et irradiés est lavée avec une solution formolée à 0,2 %, puis les vaginales sont broyées dans une solution formolée identique. Chaque rat donne ainsi 20 cc. de suspension vaccinale. Ces émulsions ont un milliard de
rickettsias par centimètre cube.
CaAsTANEDA (1937) tente de préparer ces émulsions en partant de gros animaux (cobayes, lapins, moutons), infectés par voie péritonéale et irradiés aux
: rayons X. Il obtient un développement massif de
rickettsias en maintenant la température du corps de ces animaux au-dessous de 58°. Cette méthode ne fut pourtant pas suivie d'applications pratiques.
À signaler, enfin, que VARELA et ParApA Gay, s'appuyant sur la découverte de MoosEr que la pullulation de rickettsias s’accomplit en présence d'un endothélium et de sang frais, injectent par voie péritonéale, en même temps que le produit infectant, une certaine quantité de sang frais. Le produit de lavage du péritoine est secondairement centrifugé pour éliminer le sang et avoir une émulsion de rickettsias purs.
: Application.
a) Le vaccin fut d'abord expérimenté chez l'animal 2 5
— contre le typhus murin ; les premiers essais -
n'avaient abouti qu'à des résultats imparfaits: mais dès que l'on eut des émulsions suffisamment riches, les animaux vaccinés furent parfaitement immunisés
et résistèrent à l'inoculation d épreuve.
L'immunité semble cependant de courte durée :
pour KEmPp, elle ne dépasserait Pas quatre mois.
— Contre le typhus historique : des expériences d'immunisation croisée entre le typhus historique et
le typhus mexicain avaient été faites par NicoiLe
et LAIGRET, puis par FH. SPARROW ; elles avaient toutes mis en évidence qu un cobaye qui avait fait un typhus murin mexicain était immunisé contre le
typhus historique.
MoosEr et SPARROW, les premiers, tentèrent de protéger, sans succès, des cobayes avec le vaccin de ZanssER & CASTANEDA contre le typhus historique. VARELA et PAREDA, utilisant des émulsions plus riches, réussirent à immuniser la moitié des cobayes. Plus récemment, en 1038. Erwig SCHWEICKHARDT rapporte un essai de vaccination chez le cobaye,
avec un tiers de succès.
L'immunisation contre Île typhus historique avec un tel vaccin est donc très faible, expérimentalement; c'est pourquoi les auteurs de la méthode ont essayé de préparer un vaccin par la même technique, en partant de virus européens épidémiques et murins;
tous les essais tentés en ce sens ont échoué.
b) Chez l'homme :
Cette vaccination a été appliquée au Mexique pour protéger les populations contre le typhus mexicain qui sévit en ce pays. Mais ces vaccinations ont été appliquées, jusqu'ici; sur échelle réduite.
Casco, le premier, rapporte Îles observations de douze vaccinés qui furent éprouvés: trois seulement
firent un typhus.
le
VARELA publie, quelques années après, huit mille vaccinations sans incident; mais il ne donne pas de résultats tardifs.
ALMAZAN rapporte, en 1936, quatre mille vaccinations sans incident: mais il déclare que le petit nombre de personnes vaccinées ne permet pas de porter un jugement sur l'efficacité d’une telle vaccination.
Plus récemment, en 1938, SCHWEICKHARDT publie un rapport de VARELA, au sujet de la vaccination de 2.153 personnes appartenant au personnel médical ou détenus dans un pénitencier sur lequel sévit une épidémie de typhus, entretenue par les rats. Sur toutes ces personnes exposées à Ja contagion, une seule fit un typhus, et il fut très bénin.
Enfin, VEINTEMILLAS (19530) employant une émulsion ayant 5 milliards de rickettsias par centimètre cube, immunise douze personnes n'ayant jamais eu le typhus (prouvé par test intra-dermique). Le Weil- Félix n’est pas modifié douze jours après. Eprouvés alors avec une émulsion de vaginale (25 doses infectantes pour le cobaye, et l'on admet que le cobaye est cent fois moins sensible que l'homme), il trouve que O9 sont parfaitement protégés ; 5% font une réaction Jégère.
La vaccination fut essayée dans un petit nombre de cas, contre le typhus historique, sans succés ;
Fe RER
HErz1G, collaborateur de Wie. déclarait d'ailleurs récemment, sur ce sujet : « Seule l'application de vaccin tué homologue et polyvalent peut. donner de bons résultats. L'application de vaccin hétérélogue (immunisation avec le vaccin de ZiNSsER contre le typhus historique) est erronée: d'ailleurs, de nombreux esais avec un résultat négatif le prouvent sul-
- fisamment. »
b) Vaccin de WEic.
WEIGL, en 1920, s'inspirant des travaux de DA Roca Lima, eut l'idée d'essayer d'infecter des poux en Jeur inoculant par voie rectale un matériel riche
en rickettsias.
I compara l'infection des poux nourris SUr Un typhique, et de ceux qui avaient été infectés expérimentalement : dans le premier cas, 46 % des poux s'infectent, dans le second 05 %:; d'autre part, cette deuxième méthode ne nécessitait pas la présence de
malades.
Aussi l'auteur mit au point cette technique, qui
est employée sur grande échelle à l'Institut de Lwow.
On inocule au pou. au moyen d'une pipette de verre effilée très fine, un produit virulent, riche en : rickettsias: mais pas trop cependant, le pou, dans ce dernier cas, décédant rapidement sans multiplication
Te
des rickettsias. Le produit inoculé est actuellement la suspension presque pure de rickettsias qui sert à
préparer le vaccin.
L'animal meurt après une huitaine de jours: les rickettsias se sont considérablement développés, à l'intérieur de l'intestin: il s'agit d'une véritable cul-
ture.
On dissèque alors l'animal ; On Sectionne à ses deux extrémités son tube digestif, qui est prélevé et broyé dans une solution phéniquée.
WEIGL ayant imaginé une technique lui permettant de compter les rickettsias, on dilue l'émulsion obtenue, de façon qu'elle ‘contienne 1 milliard de
germes par centimètre cube.
CHrANowski et Mosinc ont récemment proposé une petite modification, pour augmenter Ja production du vaccin : ils ont mis en évidence la longue conservation des rickettsias dans les déjections de pou: elles se conservent intactes plus de six ans. Ils ont proposé alors d'employer ce matériel pour fabriquer un vaccin tué. La richesse en rickettsias de ces déjections est les deux tiers de celle de l'intestin de
pou.
Les premiers essais ont provoqué des incidents, car il se produisait souvent des suppurations locales
à la suite de telles injections; mais par-centrifugation.
ces auteurs ont réussi à obtenir un produit ayant une
propreté suffisante.
- Et le vaccin de WricL est en partie produit en mélangeant des intestins de poux infectés avec des déjections de ces mêmes poux, ce qui permet une
augmentation de sa production.
Les injections de ce vaccin se font en trois fois à
des intervalles de trois à cinq jours.
La quantité injectée fut variable : au début, WEIGL fabriquait son vaccin de telle sorte quil utilisait : 25 + 50 + 100, c'est-à-dire en tout la valeur de 175 intestins de poux phéniqués. Depuis 1932 il n emploie plus que 120 poux en tout, et, ré-
cemment, n'en utilise que O0.
Le prix de revient de ce vaccin étant très élevé, pour des raisons d'économie on essaya d'utiliser des doses plus faibles encore. RapLo rapporte le cas de 14.000 vaccinés dont un quart reçut de 1 à 10 poux, la moitié de 10 à 20 poux, et le dernier quart de 20 à 00. On n a remarqué aucune différence dans l’immunité de personnes vaccinées avec des faibles, moyennes et fortes concentrations de rickettsias. On vit survenir 5 typhus chez ces vaccinés entre deux mois et trois ans après la vaccination : 1 chez un vacciné avec un pou, 2 chez des vaccinés avec cinq poux et 2 chez des vaccinés avec quatre-vinot-dix poux.
Tous ces typhus furent bénins. :
Pratiquement, pour Ja vaccination de la population dix poux sont suffisants : les doses massives sont ré-
servées au personnel médical.
WEIcL essaya également d’injecter du vaccin vivant (émulsions de Rickettsia Prowazeki), après avoir fait une petite dose de vaccin tué (Herzic, 1930). Quoique cette méthode réduise au minimum tous les risques de la vaccination par germes vivants, il n'est pas impossible, comme le remarque WE1G1., : qu'elle donne exceptionnellement lieu à des surprises inattendues et fâcheusés, et l’auteur semble l'avoir abandonnée.
Les réactions après la vaccination sont nulles en général : il existe parfois un peu de céphalées, un petit clocher thermique à 38°. Mais on signale des incidents plus graves, absolument exceptionnels (choc avec dyspnée, cyanose, tuméfaction locale importante) ; tout régresse d’ailleurs rapidement.
L'immunisation produite par un tel vaccin est évidemment uniquement homologue el ne protège que contre le typhus historique épidémique et non contre le typhus murin. C'est ainsi que la plupart des médecins travaillant à l'Institut Pasteur de Tunis, quoique vaccinés par la méthode de Weici, firent un typhus murin en étudiant cette affection.
On a d'ailleurs pu produire par la même méthode, mais en partant de matériel virulent murin, un vaccin