‹ Les poèmes à tous crinsChapitre 13 sur 56 · SUR UN VIEUX THEME CHER A VILLON ET A BANVILLE · texte numérisé non relu

SUR UN VIEUX THEME CHER A VILLON ET A BANVILLE

^A Emile Piémont.

IL faut encor revenir à ce thème :

Paris contient d'adorables museaux.

La femme, ici, mérite le baptême !

Venue ou non du couvent des Oiseaux, De Mouffetard, où l'on vend les vieux os, Du bon quartier Vivienne, où la mantille

Naît sous les doigts rosés, de la Courtille, Ou de Montmartre en proie aux canaris, Déesse elle est! Pour le beau brin de fille, La palme reste aux femmes de Paris !

En nul pays l'on ne dit mieux : je t'aime I

Les tailles sont droites comme fuseaux;

Et les mollets sont pleins de stratagème.

Aussi, pareils aux Faunes des roseaux.

Les vrais malins ne prennent point les eaux

Car l'Allemande a trop lourde cheville

Et, Dieu me damne! aime assez qu'on l'étrille.

Dans Clignancourt les amours sont nourris :

Baiser conquis y compte pour vétille.

La palme reste aux femmes de Paris I

Passementière ou vendeuse de crème, Modiste prompte à jouer des ciseaux.

Caissière au nez agaçant, que Barème Tous les matins reprend dans ses réseaux, A vous le prix, exquis minois, nés aux Pays qui n'ont pas besoin de pastille Ni d'excitants pour qu'Eros y scintille ! Quand on voudra je tiens tous les paris : Puisque à BuUier Vénus danse un quadrille, La palme reste aux femmes de Paris!

ENVOI

Prince, va-t'en rôder vers la Bastille Tu trouveras Celle dont l'œil pétille ; PuiSj dans Auteuil, quand s'en vont les maris Tu pourras voir que, malgré la Castille, La palme reste aux femmes de Paris !

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