THÉODORE AUBANEL
TOUTE ma vie, en tous lieux, en tous temps, Je chanterai ta grâce et ton sourire, Et ton regard qui brave les autans, Et ta beauté, cause de mon martyre 1 Ton œil ardent, mystérieux, m'attire Mille fois plus que l'implacable aimant.
Etre angélique, adorable et charmant, Ouvre tes bras : je n'ai plus rien à craindre! Tout disparaît inévitablement, Mais mon amour pour toi ne peut s'éteindre!
Aimons! A quoi servirait le printemps
Si je n'avais pas le droit de te dire :
A toi ma vie, à nous deux nos vingt ans!
Nous nous aimons ainsi que dans Shakespeare,
Et s'il fallait conquérir un empire
Pour qu'à ton front brillât le diamant,
Je partirais, belle, sur le moment :
Tu n'aurais pas le soin de m'y contraindre.
Tout ira choir en un gouffre inclément,
Mais mon amour pour toi ne peut s'éteindre!
Le dieu d'amour aime les combattants, Au cœur desquels la passion respire.
Honte à jamais aux pleurs débilitants!
Ton œil profond, où mon âme se mire.
N'a point douté du plaisir qu'il m'inspire Et ne veut plus rompre l'enchantement.
Si ta pensée est mon soulagement, Tu garderas la mienne sans te plaindre Et nous fuirons ce monde en nous aimant. Mais mon amour pour toi ne peut s'éteindre!
POEMES VINGTENAIRES
Ifî
ENVOI
Princesse, ô toi ma gloire et mon tourment! Plus qu'un sommeil de Belle-au-bois-dormant, Laisse durer mon extase, et sans feindre, Laisse mon cœur te dire longuement :
Mais mon amour pour toi ne peut s'éteindre!
2 s décembre 1SS2,
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