FRANÇOIS VILLON
JE ne l'ai point tenu dans mes robustes bras, Ton corps fait pour tenter Myron ou Praxitèle; De ton lit; que festonne à grand flot la dentelle, Je n*ai point rejeté loin de nous deux les draps 1
Mais à ton dernier jour d'orgueil, tu gémiras
D'avoir si mal usé de ta beauté mortelle;
Tu connaîtras alors ma terrible tutelle
Et quels tourments aigus rongent les cœurs ingrats.
Et maintenant, va-t'en! poursuis ta route sombre. Avec des financiers accouple-toi dans l'ombre, Offre ton sein de marbre à leurs baisers visqueux;
Ils n'empêcheront pas que je ne sois ton maître,
Et comme au grand soleil, enfant, je vaux mieux qu'eux,
Je ne saurais avec ton nombril me commettre!