‹ Les poëmes de l'amour et de la merChapitre 24 sur 29 · MATIN · texte numérisé non relu

MATIN

Un adorable ciel de mai, Rose et frais ; le soleil va luire, ' Et la terre à son bien-aimé Envoie un salut parfumé :

Les oiseaux vont chanter, les roses vont sourire.

On sent frissonner sous les toits Un rayon de lumière blonde; Au loin sangloter à mi-voix La source amoureuse des bois, Et circuler dans Tair la jeunesse du monde.

Roses, violets, orangés, Flottant au vent qui les soulève, De petits nuages légers Plus que des oiseaux passagers Traversent retendue et passent comme un rêve.

£t, dans leur vol vertigineux Au travers de l'espace immense.

Les beaux nuages lumineux Emportent jusqu^au fond des cieux Mon cœur qu'ils ont grisé d'azur et de silence;

Et qui fuit dans Timmensité Parmi le satin et la moire, Ëbloui, presque épouvanté.

Sur des flocons roses porté Et comme enveloppé dans un brouillard de gloire.

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