‹ Les poëmes de l'amour et de la merChapitre 25 sur 29 · LES FÉERIES DE LA MER · texte numérisé non relu

LES FÉERIES DE LA MER

La mer, la merl Oh! regardez là-bas La grande mer toute blanche de voiles!

Le soleil d'or prend la mer dans ses bras Eh des baisers étincelants d'étoiles.

Paillettes d*or, saphirs et diamants Font miroiter le riche écrin des vagues ; La nymphe glauque aux murmures charmants Peut prendre là colliers^ chaînes et bagues.

Et le poète amoureux des splendeurs

En qui Ton voit s'épanouir la vie,

Aux flots, aux deux, aux sereines grandeurs

Mêle son âme éperdue et ravie.

Et vers le ciel 11 lève les deux mains :

Salut I salut! sainte beauté physique!

Nous ignorons les sombres lendemains.

Mais roule, ô mer, ta profonde musique !

Quand verra-t-on s'éteindre le soleil.

Et quand la mer, la grande âme vivante.

Ensevelie en Téternel sommeil, Deviendra*t-elle un lit noir d'épouvante?

Silencieuse épouvante des nuits.

Sans rayons d'or et sans ouragans sombres...

Quand se perdront les formes et les bruits Dans Tocéan mystérieux des ombres?

Qui le dira, soit-il prêtre ou savant?

Hors le soleil, tout est obscur au monde :

Mais quelque jour se lèvera le vent Pour balayer l'existence féconde.

Mais nous, pourquoi penser à Tayenir ?

Joyeuse mer, tu n'en es pas moins belle, Et le soleil) avant de se ternir, Jette en nos yeux encore une étincelle.

Et nous t*aimons, nature au cœur amer, Grande nature impassible et divine I Quand d*un rayon tu réjouis la mer, La volupté fait bondir ta poitrine.

Et quand Famour de tes splendeurs nous prend, Nous te donnons notre sang et nos âmes, Et le souci de Part tranquille et grand Bouche nos yeux à la beauté des femmes.

Nous savons bien que nous ne pouvons pas A tout jamais nous suspendre à ta bouche; Et que vers nous s'avance à larges pas La mort, Pâmante effroyable et farouche*

Mais va, sois belle, et nous f adorerons. Que les- flots d'or et d'azur soient ton trône; Nous courberons l'orgueil de nos grands fronts Sous un rayon du couchant vert et jaune*

Et nous verrons saphirs et diamants, Paillettes d*or et rubis des soirées Étinceler au cou des flots charmants.

Dans les cheveux des vagues empourprées!

bon soleil, par qui tout se métamorphose, Pourpre qui vêts le sol et frissonnes sur lui. Dans les jardins du ciel tu Ves épanoui Gomme un large bouton de rose.

Quand la brise, apportant un parfum de fraîcheur, Soulève les cheveux des belles matineuses, Toi, tu sèmes dans Tair tes feuilles lumineuses Qui colorent Taiur d'une exquise rougeur.»

Gomme un prince aux splendeurs vraiment orientales Ou comme le plus grand des empereurs romains, Divine fleur, tu fais tomber sur les chemins Ta neige rose de pétales.

Il en tombe toujours I Chacun peut à loisir Absorber à longs traits la lumière sacrée :

La rose est toujours là, radieuse, empourprée. D'où s*exhalent sans fin la vie et le plaisir.

Que la brise du ciel est légère et joyeuse, Gomme en silence au loin glissent les blanches voiles î Que la voix de la mer, grave et religieuse»

Monte tranquillement vers les belles étoiles I

Oli ! quand la sombre nuit apparaît, et déploie Ses ailes, lentement, comme un oiseau sauvage. Moi, mon âme s*éveille — et ma plus grande joie Est d*écouter rouler les galets sur la plage.

Tout est si beau, mes yeux s'emplissent d'un tel rêvet L'Océan monstrueux me donne le vertige.

La lune, que le flot fait danser et soulève.

Semble une fleur des eaux qui tourne sur sa tige«

Là-bas de grands oiseaux traversent Taîr tranquille, Mêlant à Tharmonie exquise du silence Le faible battement de leurs ailes... la ville Rêve derrière moi qui me souviens el pense*

Qu'il ferait bon mourir par cette nuit si belle ! S*anéantir, mêler son âme à Tâme errante Des parfums délicats que chasse devant elle La brise de la mer quMls ont faite odorante !

Dans le monde des sons, des parfums et des nues. Dans cet éblouissant et fantasque royaume Où, subissant Teffort de causes inconnues.

Pour reparaître ailleurs fuit sans cesse Tatome I

Ne plus penser ; et dans la nuit fraîche et sereine Où la lune d'argent sur les vagues tournoie, En6n débarrassé de cette écorce humaine, Ne plus jamais pleurer, même des pleurs de Joie 1

L'air m'enveloppe et me caresse; Noyé dans la douceur du bleu.

Mon cœur déborde de tendresse £t je m'abîme dans mon Dieu.

Bien souvent, couché sur la terre, Je voudrais saisir le mystère De sa vie et de son amour ; Je cherche à pénétrer son rêve, Et j-entends bouillonner la sève Sous son vert corset de velours.

Femelle aux larges seins, Gybèle, déesse, parleras-tu ?

N'eutends-tu pas que je Rappelle, L'âme aux lèvres, tout éperdu?

Je ne te ferai point de trêve, terre, avant que tu soulèves Dans des combats d'amour sanglants Ce voile épais qui te dérobe.

Qu'on puisse déchirer ta robe Et sentir palpiter tes flancs !

Je t'ai donné toute mon âme, Pourquoi fuir quand jeté poursuis?

Nature, es-tu tellement femme Qu'on ne puisse t'aimer deux nuits?

Que, les bras brisés de caresses*, La tête encor chaude d'ivresses Et t'aimant jusques à mourir.

Toi, depuis longtemps assouvie.

Tu nous rejettes dans la vie Pour recommencer à ^ouffrir 7

Malgré tout ta forme m*obsëde, chère et lointaine beauté ; En dépit de ma volonté Je sens que mon faible cœur cède.

J'en reviens à me souvenir; Si nos cœurs une fois encore Soupirent : no more — never more.

Pourront-ils jamais en finir?

A cette gloire qui m'enivre Lès yeux obstinément fermés, Dans un profond rêve abîmés Nous ne savions qu'aimer et vivre.

En face de la mer, debout, Sans écouter sa voix profonde, Egoïstes, tout seuls au monde.

Nous nous aimions bien, malgré tout.

L*AMOUR DIVm. 253

Ma hautaine mélancolie S*est faite hôtesse des forêts :

J'avais cru que je t'oublierais — Je ne sais pas comme on oublie.

Quand la mer est comme un miroir.

J'y vois ton image quand même, Et c'est peut-être toi que j'aime Dans cette volupté du soir.

Non, c'est un souvenir douloureux, inutile, Le souvenir d'un bien qui ne reviendra pas ; Je ne puis à présent retourner pas à pas Au vallon du passé, joyeux et si fertile.

Des bords de l'horizon où tu semblés errer, nuit paisible, monte au ciel crépusculaire; Car la cime des monts d'une rougeur s'éclaire Et devant le soleil je ne pourrais pleurer.

254 XUUOUR DIVIN.

Viens, ô nuit, et déploie en silence tes ailes Sur la mer magnifique et triste qui s^endort : Les étoiles du ciel versent des larmes d'or, Et je suis envieux des douleurs éternelles.

Mon cœur saigne en voyant passer les belles filles, Les filles qui s'en vont chantant ou bien rêvant. Légères comme un rêve et leurs cheveux au vent, Et prennent le chemin des obscures charmilles.

Je ne les suivrai plus, les filles aux doux yeux, Par les sentiers obscurs qui se perdent dans Fombre Où chuchotent sans fin de longs baisers sans nombre Qui font bénir la vie et dédaigner les cieux.

Mon cœur ne se veut plus laisser prendre en leurs trames,

En ces trames d^amour qu'elles savent ourdir,

Et le printemps' a beau rênattre et reverdir»

Je veux fermer mes yeux au sourire des femmes.

Et pourtant, mon cœur saigne à les voir s*éloigner, Leurs grands cheveux au vent, Joyeuses et légères; Les heures d'autrefois qui me furent si chères Sonnent dans ma mémoire et vont encor sonner,

Et sonneront toi^ours, tant que les belles filles Passeront près de moi me regardant un peu, A leur virginité disant un long adieu, Avant de se livrer aux profondes charmilles.

Sans but, j*aî devant moi cheminé nuit et jour Bien des nuits, j*ai songé devant le ciel paisible Sans qu'il tombât jamais du dôme inaccessible Une larme d'étoile en mon cœur plein d'amour.

Oh ! que les temps passés sont loinl que je les aime! Et comme je voudrais me jeter à genoux Devant la vision aux yeux chastes et doux Qui refoulait en moi le doute et le blasphème !

QuMl ferait bon se voir et se presser les mains, Et pleurer en songeant aux lointaines années. Et parfumer nos cœurs de tant de fleurs fanées Dont notre insouciance a jonché les chemins !

Le vent a balayé toutes ces chères traces.

£t moi, dans la forêt des désespoirs perdu.

Gomme pour mesurer mon cercueil étendu, J'entends hurler le vent lamentable qui passe.

M*est-il pas un remède, et ne guérit-on pas? - Dois-je compter mes jours comme des grains de sable Et les passer à regretter rirrépamble?

Je ne sais quelle voix a murmuré tout bas.

Je ne sais quel frisson me pénètre de joie, L*air est léger, le ciel semble rire et chanter; Est-ce donc que mon cœur ne peut plus palpiter Au long frôlement de la soie?

Si je pouvais noyer son souvenir, brûler Avec ses lettres tout ce qui me reste d'elle. Avec quelle gaîté je serais infidèle, Que je me laisserais aisément consoler!

Mais Je reste immobile et je ne peux rien dire, Bien qu'en face de moi, dans un rêve, là-bas, Blifle femmes soient là qui me tendent les bras Avec un étrange sourire.

J*écoute, je regarde, elles vont s'envoler... Oh ! puissé-je mourir pour aimer Tune d'elles! Je les vois voltiger comme des hirondelles.

Et ces oiseaux du ciel se mettent à parler.

Écoute, écoute, je suis blonde.

Ta maîtresse Tétait aussi ^

Mais ma tendresse est plus profonde...

Veux-tu m'aimerî — Merci, merci!

Je te trouve belle, qu'importe?

Je suis comme un enseveli !

On a scellé sur moi la porte.

Je suis enterré dans l'oubli.

— Écoute, écoute, je suis brune :

Mon front, sous ses longs cheveux noirs, A la pâleur du clair de lune Et la tristesse des beaux soirs.

Veux-tu de moi? — Mon cœur se lève...

Tu n^as, vaine ombre de plaisir, Ni le sourire de mon rêve NI la forme de mon désir,

— Écoute, écoute, je suis rousse; On me dit, aux pays lointains, Très-cruelle; mais je suis douce Gomme la fraîcheur des matins.

— A Tombre des mélancolies J^ai senti mon cœur se fermer ; Je ferais pour toi des folies, Mais je ne pourrais pas t'aimer.

Pourquoi tenter d'aimer? Solitaire et farouche, A quoi bon dépenser tant d'efforts superflus? Une telle amertume a desséché ma bouche Que jamais les baisers n'y refleuriront plus.

Puis-je donc, secouant Tennui qui me torture, Étreînt par ces désirs venus on ne sait d'où, Pour mordre à belles dents une ample chevelure Dans des spasmes d'amour me rouler comme un fou?

Et puis-je aux soirs d'automne et sous la lune amie Qui de ses rayons blancs satine l'oreiller Bercer une autre enfant sur mon cœur endormie, D'un baiser sur le front n'osant la réveiller ?

Ah! puisque le printemps me fait l'âme glacée, Qu'on me voit frissonner au clair soleil de mai, C'est, hélas ! que mon âme épuisée et lassée A perdu sa vigueur pour avoir trop aimé.

Les roses plus d'un jour peuvent vivre sans doute Dans la fraîche rosée et la clarté du ciel :

Moi, j'ai tout effeuillé pour parfumer la route Où passait mon amour qui semblait éternel.

bien-aimée, alors le flot blond de tes tresses Devait m*illuminer toujours de rayons d'or; Je mentais à mon cœur en faisant ces promesses. Et je n'ai pas le cœur de lui mentir encor.

Une nuit je marchais dans la campagne obscure; Je cherchais, à travers les bois et les ravins, Ce calme et cette paix du cœur vraiment divins» — L'inébranlable temple où siégeait Épicure.

Mais', je ne sais pourquoi, j'eus un frissonnement : J'avais dans les cheveux des perles de rosée I Toute cette nature endormie, apaisée, Plus cuisant et plus vif réveillait mon tourment.

Et la lune — c'était l'heure qu'elle se lève.

Vint à s'épanouir comme une large fleur.

Je lui criai : « Descends jusqu'au fond de mon' cœur,

Cache-toi dans ma vie et parfume mes rêves. »

Et dans sa souriante et fière majesté Elle continua d*éclairer la colline;

Chaque rayon m^était comme une javeline

Dont la pointe foùUlait mon cœur ensanglanté.

Elle était aussi blanche, aussi froide qu*un cierge; Cette pâleur de mort, cet air silencieux, Je crus voir un convoi qui passait dans les deux. Et je tendis les bras vers Timplacable vierge!...

Mais la lune est si haut qu*on ne peut lui parler. Elle n'écoute rien, cette orgueilleuse reine! Et Ton pourrait mourir sans qu'elle prit la peine De vous faire un sourire et de vous consoler.

Tu m'as tendu les bras, ô puissante déesse.

Nature qui semas, dans ton luxe inouï, Les astres par milliers dans le ciel ébloui.

Gomme les tourbillons d'une poussière épaisse.

Tu me disais : « Ton cœur a saigné de tendresse Pour un rêve léger qui s'est évanoui;

Veux-tu m'aimer d'amour? » — Et vaincu, j'ai dit oui, Croyant boire à ton sein l'éternelle jeunesse.

J^ai façonné mon cœur à de telles amours

Qu'en me voyant passer silencieux toigours

Les autres me craignaient et m'appelaient un sage.

Je ne sais pas si, comme une femme, tu mens ; Mais tes soupirs de feu m'ont brûlé le visage Et tu m'as étouffé dans tes embrassements.

Dans les splendeurs orientales Se lève le soleil en feu ; Voici qu'il neige des pétales De roses blanches, dans Pair bleu.

brises d'avril, matinée Où, s*éveillant d'un air vainqueur, Les fleurs de la nouvelle année Ont toutes une perle au cœur I

Musique allègre ou solennelle, Longs murmures, soupirs des bois Qu'un vent emporte sur son aile, Doux comme un soupir de hautbois ;

Extase infinie et muette Que traverse joyeusement Le cri perçant d'une alouette Dans les hauteurs du firmament !

Je dois être heureux, car la vie Embaume et chante autour de moi, Et semble folâtrer, ravie.

Pleine d'un indicible émoi;

Je dois être heureux, car les choses S'épanouissent au soleil, • Devant moi, l'amoureux des roses Et de l'aurore au front vermeil.

Jamais dans les rêves étranges Que j'ai si tendrement aimés, Où je voyais passer des anç;es Éblouissants et parfumés,

Non» jamais mon cœur et ma tète Gomme en ce matin enchanté N'ont eu si merveilleuse fête De mélodie et de clarté.

Jamais senteurs si pénétrantes

N'ont grisé mon âme et mes sens, Gomme si les brises errantes Roulaient des nuages d'encens.

L'azur étincelle et flamboie Gomme un gigantesque saphir, £t la terre bondit de joie Sous le fouet cruel du désir.

Je dois être heureux, mais la vie Ne peut secouer ma langueur, Ou faire fleurir quelque envie Dans l'affreux désert de mon cœur.

Tout passe autour de moi : la brise, La chanson des bois, l'air des champs.

Sans que rien m'échauffe ou me grise»

Souffles, rayons, parfums et chants.

Le sombre et froid oubli retombe Sur mon âme comme un linceul, Car j'ai mis mon cœur dans la tombe Et depuis }ongtemps, je suis seul.

Un souvenir me hante encore; Cest le passé qui vient me voir , Et comme un rouge météore Illumine mon désespoir.

Mois d'avril, coupe fraîche et pure

Où chacun s'enivre d'amour.

Tu as ravivé la blessure

Qui saigne à mon flanc pour toujours ;

Et ta voix légère et sonore, Du plaisir fêtant' les élus, Me fait trouver plus douce encore Une voix que je n^entends plus I

Mais quoi ! ma tristesse est un leurre, Je ne peux môme plus soufTrir; Au printemps Ton rit ou l'on pleure, Et j'ai vu mes larmes tarir.

Mon cœur ne bat plus; ma pensée Qu'a tuée un dernier sanglot.

Flotte au hasard toute glacée.

Ainsi qu'une morte sur Teau.

Toutes ces choses sans pareilles Disparaissent de devant moi ; Les fleurs suaves et vermeilles Pâlissent et meurent d'effroi.

Partout je vois Therbe qui sèche ; Et le beau matin enchanté Qu*éveillait une brise fraîche Est frappé de stérilité.

Les arbres» pareils à des ombres, Gémissent, tordant leurs bras nus, Et les vents qui deviennent sombres Soufflent des poisons inconnus.

Le monde est un désert sans borne Où brûle un implacable jour, Et que traversent, le front morne, Les désenchantés de l'amour.

Uj native land, good night.

Btron.

Éteignant ses pâles étoiles, Rougit le ciel oriental ; Le vent de mer gonfle nos voiles Pour quitter le pays natal.

Sachant comme le sort est traître.

Je vais aller au cabaret

Pour la dernière fois peut-être

Boire un verre de vin clairet.

€e soir donc, Je suis ma fortune Au caprice léger du flot, Et je regarderai la lune Battre des entrechats sur Teau.

La vie, ah ! c*est une misère Pour qui vit ses rêves trahis !

£t cependant mon cœur se serre En quittant le sol du pays.

Mais je suis las de vivre à Taise Sous notre ciel toujours clément, Et je veux dani^ la brume anglaise Voguer mélancoliquement.

Or, avant que le soir ne vienne, Tavernier qui ne comprends pas, — Je veux^te raconter ma peine Et pourquoi je m'en vais là-bas.

Sache donc qu'une matinée On me vit tomber amoureux, Et que pendant toute une année Je vécus comme un bienheureux.

Mais tout au inonde est périssable; Depuis que mon amour a fui»

Mes jours, comme des grains de sable, Roulent au souffle de Tennui.

A présent, je ne vois personne, Je suis triste et je me souviens!...

Mais j*entends la cloche qui sonne, Je finirai si je reviens.

A rheure de la marée haute Nous sommes partis : c'est fini.

On voit le sommet de la côte .

D'un rayon de lune jauni. *

Tout s'eflface. A travers le monde Je vais promener mon ennui, — Ou me coucher sous Teau profonde...

Mon pays natal, bonne nuit I

Awajl Awajf Btrom.

Allons, la mer est belle et la brise se lève, Les étoiles du soir palpitent dans les cieux; vaisseau du hasard, sur Tocéan du rêve, Emporte-nous si loin que falaise ni grève Ne trouble plus jamais le calme de nos yeux.

Toi seul peux me comprendre, infini d*amertume, Ta grande voix est chère aux cœurs désabusés ; Noir sur le pâle ciel le steamer crache et fume, Et moi, Je vois flotter dans la blanchâtre écume Mon illusion morte et mes espoirs brisés.

DonneraKje une larme à la terre adorée Où tous mes souvenirs reposent à jamais?

Ahl la voûte d*azur splendidement dorée M*invite à noyer tout dans la coupe sacrée De Textase divine et de la grande paix.

La mouette en passant m'effleurera de Taile £t s'enfuira dans Tair, pareille aux jours perdus — Et, sentant que mon âme à Tunivers se mêle, J'appuierai, sombre amant d'une Beauté nouvelle, Mes deux bras sur mon cœur pour qu'il ne batte plus.

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