ELEGIE
Les gouttes de mon sang, dans Tberbe où tu chemines. Feront germer des fleurs roses et purpurines ; Et les pleurs que mes yeux versent comme il te platt Feront croître des fleurs plus blanches que le lait.
Si bien que mes douleurs embelliront la terre ; Ce que je souff'rirai sera pour te mieux plaire, Et mes plaintes d'amour et mes tristes aveux Feront plus doucement voltiger tes cheveux.
Je mettrai sur ta bouche entr'ouverte et fleurie Plus de baisers qu'il n'est d'étoiles dans le ciel; Je t'envelopperai d'un amour éternel Afin qu'à tout jamais ta beauté me sourie.
Devant tes pieds mignons — tout grâce et moquerie Je m'agenouillerai; car ton corps est l'autel Où ton âme apparaît en son lustre immortel, Chère, et tous mes regards te seront flatterie.
Sans cesse mes baisers réchaufferont tes mains,
Et j^ensemencerai de roses les chemins
Où ta devras passer — pour t'embaumer la vie.
Et des musiciens invisibles seront
Toujours prêts à fêter ton oreille ravie,
Si quelque léger pli se formait sur ton front.
La mer tranquille et grande, reine Trônant parmi les horizons, Dorée au soleil et sereine, Pleine de profondes chansons;
Et les flots venant mourir, presque A nos pieds, chantants et joyeux :
Le spectacle est très-pittoresque.
Feront observer des bas-bleus.
Une amoureuse délicate
Avec des caprices félins,
Tendre comme un enfant qu'on gâte,
Caressante, et les yeux câlins,
Qui vous a pris toute votre âme Et la tient dans ses frêles doigts :
Agréable petite femme, ,
Diront les gens tout d'une voix.
Je t^aîme comme la santé, Gomme la vie' et la lumière, Et comme Timmortalité Que revendique une âme fière.
Auprès de toi tout est commun, délicate fleur des choses!
Tu es douce comme un parfum Et je f aime autant que les roses.
Quelle musique peut valoir Ta démarche légère et folle 7 Tu distances le vent du soir Et tu fuis comme une parole.
Mes vers, la nuit comme le jour, Pour chanter ta grâce suprême Iront vers toi ; ô mon amour, Si tu savais comme je t'aime!
La nuit était tranquille et ténébreuse; à peine Quelques étoiles d'or illuminaient Tébène
De ses grands cheveux déroulés, Qui sur mon cher amour, douce face éblouie, Et tout comme une fleur du soir épanouie,
Secouaient des parfums ailés.
Nous marchions tous les deux dans une extase telle Que les anges trônant dans leur gloire immortelle
N'en savent pas la volupté.
Et que le bruit divin de leurs luths est, je pense, Moins doux qu'un amoureux et qu'un profond silence
Par une sombre nuit d'été.
Et notre jeune amour, naissant de nos pensées, S^éveillait sur le lit de cent roses glacées
Qui n'avaient respiré qu'un jour; Et moi je lui disais, pâle et tremblant de fièvre, Qu'on nous verrait mourir le sourire à la lèvre
En même temps que notre amour.