‹ Les poëmes de l'amour et de la merChapitre 7 sur 29 · L'AUTRE NUIT · texte numérisé non relu

L'AUTRE NUIT

L^autre nuit, j'ai cueilli la rose de mon rêve ; Par cette belle nuit, je n'étais soucieux Ni des étoiles, ni du vent capricieux Qui siffle une chanson que jamais il n'achève.

Aux mystiques rayons d'un amour éternel J'ai vu la fleur mystique heureusement éclose, Et quand mes doigts tremblants ont effeuillé la rose, Les pétales se sont envolés dans le ciel.

Comme des papillons de pourpre aux ailes fines

Ils ont tourbillonné dans Tespace infini :

Et le souffle du soir, odorant et béni,

Les a dispersés tous vers les hauteurs divines.

Mais il en est resté dans Pair tiède et léger Je ne sais quel parfum dont s'imprégnait mon être; Je me sentais mourir et sans cesse renaître Dans Tocéan d'amour où je m'étais plongé.

Oh\ que tout change, et qu'un nouveau soleil se lève; Que sur les mondes morts plane le temps vainqueur; Jamais je ne pourrai me l'arracher du cœur La nuit où j'ai cueilli la rose de mon rêve.

Mignonne, il est des hypocrites Qui effeuillent des marguerites Dans l'herbe et le long des sentiers, Qui n'osent entamer leur rêve Du bout des dents, geignent sans trêve Et soupirent des mois entiers.

Us n'écoutent pas les murmures Qui glissent parmi les ramures Et leur devraient troubler le cœur ; Et leurs corps sont vraimant des marbres S'ils ne voient pas frémir les arbres De je ne sais quelle langueur.

Âhl crois moi, puisque la jeunesse Nous fait déborder d'allégresse, Allons au bonheur sans détours; Levons tant de mystiques voiles, Et laissons luire les étoiles Sur nos éblouissants amours.

Ahl mon cœur, tes lèvres, tes lèvres!

Pour éteindre l'ardente fièvre Dont tous mes sens sont embrasés, Donne-les-moi que je les baise, Tes sanglantes lèvres de fraise I Je les mangerai de baisers.

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