TES CHEVEUX
Défais tes cheveux, que Ton vole Avec mille reflets de soie Ondoyer leur flot qui descend.
Gomme un soleil dorant les nues, Sur tes blanches épaules nues Et sur ton dos éblouissant.
Wy laisse pas mordre ton peigne; Que le flot t'enlace et te baigne, Et s'il te noie, eh bien, tant pis l
Permets à cette étrange houle Qu'elle s'enroule et se déroule Et ruisselle jusqu'au tapis.
Demeure immobile, statue D'une chevelure vêtue :
Que ne puis-je, ivre de désirs.
Parmi l'or de tes folles boucles Faire flamber les escarboucles Et miroiter l'eau des saphirs!
Que tes cheveux versent de joie, Et quelle lumière flamboie Aux yeux éblouis et grisés!
Qu'ils sont fins, subtils et folâtres, Gomme la cendre autour de Tàtre Fuyant au souffle des baisers!
Laisse mes dojgts nerveux les tordre^ Ma bouche à belles dents les mordre!
Et si, lasse d'amour, tu veux Que notre extase enfin s'achève, Tu peux m'embaumer en plein rêve Dans le linceul de tes cheveux.
" Vons m*avez appelée, et moi j'aî répondu ; Sans compter, de baisers je vous ferai l'aumône! Vous m'avez invoquée, et moi j'ai descendu, Pour aller jusqu'à vous, les marches de mon trône.
« Ma chevelure d'or traîne derrière moi, Elle n'a pas besoin de perles, d'escarboucles ; Car le soleil, mon père, est un tout-puissant roi Qui de mille splendeurs fit rayonner mes boucles.
« Pourtant, ne tremble pas devant ma majesté; Mon cœur est moins hardi que celui des gazelles. Je n'ose pas songer à ma propre beauté Et je n'ai point encor tenté d'ouvrir mes ailes.
« £t je veux à tes pieds jeter, ô mon amant, Et ma toute-puissance et la grâce qu'on vante; Ne t'agenouille pas, mais plutôt sois clément, C'est moi qui devant toi suis prise d^épouvante.
« Songe que j'ai quitté l'olympe où je rêvais Et que j'ai dénoué ma ceinture dorée ; J'ai tenté la fortune et le monde mauvais.
Et, faisant vœu d'amoui, je ne suis plus sacrée.
<K Je ne regrette pas cet amour maternel Qui parfumait mon cœur et qui berçait ma couche. Mais je veux que, pareils aux colombes du ciel. Mille de tes baisers s'envolent vers ma bouche! »
Malgré tant de chansons sur tes yeux et ta bouche, Je t'aime d'un amour presque immatériel, Pur comme la rosée et comme Tair du ciel, Et Taile de mes vers avec respect te touctie.
Car tu fais resp^ndir les matins enchantés D'un éclat émané de ta beauté sans tache; Pour chanter ta louange il faut que je me cache, Et je m'adresse à toi comme aux divinités.
£t du vaste univers en toi palpite Tâme ; Le soleil et les fleurs, la grâce de l'oiseau. Tout cela vit en toi plus suave et plus beau : Et la nature a pris la forme d'une femme.