LCA VISION DES RUINES
Le fleuve qui, libre et tranquille, Traïne ses marnes et ses eaux Au milieu des pâles roseaux, Presse en ses bras une longue île,
Qui semble un navire échoué Par quelque héroïque aventure, Perdant sa forme et sa nature, Dormeur à l'oubli dévoué.
LES POEMES DOREÉS.
Le cri rauque et le vol des grues Percent les nuages blafards ;
Les cygnes et les verts canards Voguent au fil des eaux accrues.
Dans l’île, un portail et deux tours, Retraite aux hibous familière, Dressent sous la mousse et le lierre Leurs profils noirs, douteux et lourds.
De maigres figures de pierre Gisant dans les iris épais,
Les mains jointes, suivent en paix Le rêve qui clôt leur paupière.
Tous ceux-là dont le vent du nord Ronge avec lenteur les images, Anges et rois, vierges et mages, |
Ont grandement aimé la mort;