‹ Les poëmes dorésChapitre 13 sur 31 · LA VISION DES RUINES · texte numérisé non relu

LA VISION DES RUINES

Car la roideur de leur stature Et l’aridité de leur chair Font voir combien il leur fut cher

D’aspirer à la sépulture.

De longtemps ne sera troublé

Le silence de l’île sainte :

Dans le fleuve dont elle est ceinte Le dos des ponts s’est écroulé.

N'est-ce pas là le berceau rude De la grande et belle cité, Qui plus tard avec volupté S’assit dans cette solitude ?

Mais la terre avare a repris Les pierres des quais et des rues, Et les demeures disparues

Gisent sous les tertres fleuris.

Au sud de l’île, une colline Couronne d’un amas confus De murs, de chapiteaux, de füts,

Ses flancs où le thuya s’incline.

Les marais coassent, le soir.

Vers l’ouest, loin dans la plaine verte, Une porte se dresse ouverte Sur le ciel pluvieux et noir.

Sculptés aux parois triomphales,

Des hommes, des bœufs, des chevaux, Rappelant d’antiques travaux,

Se brisent aux chocs des rafales.

Et vers le nord, maïs moins avant, - Candélabres, balustres, dalles,

Escaliers, murs en longs dédales,

Sonnent avec langueur au vent,

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