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LES CERFS

Aux vapeurs du matin, sous les fauves ramures Que le vent automnal emplit de longs murmures, Les rivaux, les deux cerfs luttent dans les halliers : Depuis l’heure du soir où leur fureur errante

Les entraîna tous deux vers la biche odorante,

Ils se frappent l’un l’autre à grands coups d’andouillers.

Suants, fumants, en feu, quand vint l’aube incertaine, Tous deux sont allés boire ensemble à la fontaine, Puis d’un choc plus terrible ils ont mêlé leurs bois. Leurs bonds dans les taillis font le bruit de la grêle;

* Is haletent, ils sont fourbus, leur jarret grêle Flageole du frisson de leurs prochains abois.

Et cependant, tranquille et sa robe lustrée,

La biche au ventre clair, la bête désirée

Attend; ses jeunes dents mordent les arbrisseaux ; Elle écoute passer les souffles et les râles;

Et, tiède dans le veñt, la fauve odeur des mâles

D'un prompt frémissement effleure ses naseaux.

Enfin l’un des deux cerfs, celui que la nature Arma trop faiblement pour la lutte future, S’abat, le ventre ouvert, écumant et sanglant. L’œil terne, il a léché sa mâchoire brisées Et la mort vient déjà, dans l’aube et la rosée, Apaiser par degrés son poitrail pantelant,

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