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FETE DE MONTMARTRE

Vive la joie & les chansons !

Soyons gais comme des pinsons.

C'est la Saint-Pierre!

C'est la Saint-Pierre, tout autant.

Le vieux Montmartre a VsdT content,

Et la commune entière, De voij le long de ses chemins.

Sur les versants de ses ravins.

Gravir la foule immense Jusques à ses moulins; D'entendre un bruit de danse Et de marchands forains, ,

A la Saint-Pierre, A la Saint-Pierre!

Des banderoles.

Comme à de rouges échalas , Brillent à des milliers de mâts ,

Flottent aux brises folles.

Puis un éclairage arlequin.

Vert, jaune, rouge & bleu turquin,

Le soir conduit aux buttes.

On se croit à Pékin !

Et tentes & cahutes Gagnent du saint-ftusquin

A la Saint-Pierre,

A la Saint-Pierre !

Ah! quelle foire!

Que de pain d'épice en monceaux, Que de macarons en boisseaux ,

Pour la rouge ou la noire !

Que de mirlitons, de cricris.

Que de sortes de sons, de cris Dans cette fête immense!

— Deux sols les plus hauts prix! — Tout spectacle commence, £t tous les bancs sont pris A la Saint-Pierre, A la Saint-Pierre!

Et tout bourdonne^:

Trompettes, trombones, tambour.

Partout on crie : A qui le tour?

On ne vend pas , on donne !

Sur des tréteaux, un peu plus loin.

Monte un hercule au rouge groin ; Il invite la foule A quelques coups de poing. . .

Quand on accepte, on roule Bêtement dans un coin, A la Saint-Pierre , A la Saint-Pierre !

Là, tout se montre :

Femme géante, enfant barbu.

Quant au bœuf géant , je Fai vu ;

Il fume... on le démontre|.

Sans laisser au pauvre animal Le temps de manger son régal ^

Ce tabac qui le tente.

Ce fumeur m'est égal;

Mais ce bœuf, je le vante :

C'est le bœuf colossal De la Saint-Pierre, De la -Saint-Pierre!

Vieille montagne , Que chacun de nous aime tant.

D'où chacun de nous est content

D'admirer la campagne!

Où l'on voit tant de cabarets Vendre de petits vins clairets.

En brocs comme en bouteilles; Il nous faut des jarrets Pour monter sous tes treilles Et respirer le frais ,^ A la Saint-Pierre, A la Saint-Pierre!

Son Excellence Le vieux Montmartre a pris, je crois.

Cinq à six bons moulins pour croix...

Oh! c'est une Eminence Qui montre au lointain ses splendeurs !

Et nous voyons de ses hauteurs

Au bas son cimetière i^

En bas, ombre & dormeurs...

En haut, vie &; lumière.

Et de joyeux buveurs !

A la Saint-Pierre, A la Saint-Pierre!

Pas de paresse, Montons au télégraphe, encor.

Suivons, suivons... Allons au fort.

Où la foule s'empresse.

Allons au fort comme il en faut!

L'artificier fait Téchafaud

D'où tout part, siffle '& claque.

Ne faisons pas défaut;

On simule une attaque,

Je veux voir un assaut!

'v A la Saint-Pierre, j A la Saint-Pierre!

I Là, chaque bombe

Éclate en flammes de couleurs.

Tout Paris est sur les hauteurs; Personne ne succombe.

Puis, émerveillé dii coup d'oeil.

Chacun va regagner son seuil.

En descendant les buttes.

Comme on n'est pas chevreuil. Oh risque des culbutes...

Voilà le seul écueil, A la Saint-Pierre , A la Saint-Pierre !

Vivent la joie & les chansons!

Soyons gais comme des pinsons. ^

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