LES CHEVEUX DE DALILA
Je suis vaincu. Je sens que mon âme est captive Dans tes cheveux, prison si grêle, aux grilles d'or. Je me résigne et veux humilier encor Dans plus d'abaissement ma liberté native.
Lorsque tes longs cheveux s'épandent sous le peigne, Ma pensée avec eux s'écoule en ruisseaux droits; Et si tes cheveux d'or sont rouges par endroits C'est que mon cœur parmi ta chevelure saigne.
Intermède,
Tout serait faux en moi si tu portais perruque ; Je sens mon rêve épars dans tes crêpes vainqueurs Suivre Thélice cl*or de tes accroche-cœurs Et mon désir mousser aux frisons de ta nuque.
Si mon vers sème l'or avec des airs de prince C'est que ta tête fière a de fauves éclats ; Mais si tu te coiffais jamais en bandeaux plats Je chanterais la paix d'un amour en province.