APRÈS LE BAIN
Sous le grand ciel lisse L'océan se plisse Comme un beau camail Lamé d'émail.
Ta nudité blanche, Bras, épaule, hanche.
Surgit lentement Du flot dormant.
58 Inlcrutède.
Mais la malakite Fluide ne quitte Ton jeune sein pur du'en pleurs d'azur,
Et Tonde où nous fûmes Argenté d'écumes L*or des sables blonds, Sous tes talons.
Oh ! dis-moi que Tonde N*est pas si profonde Ni si pur, le jour, Q^e ton amour I
Vois aux lointains troubles Fuir ces voiles doubles Qpe pousse en avant Le même vent,
El dis-moi : « Comme elles, Nos âmes jumelles Vont d'un vol uni Vers l'infini I »
Intermède,
L'eau monte et caresse Comme avec tendresse De ses flots menus Tes chers pieds nus.
Reste à cette place Où t*a mise, lasse, Le flux qui roulait Ton corps de lait.
Mon baiser qui frôle Ton humide épaule, Plus chaud que la mer, N'est pas amer.
Rappelle-toi l'heure Du bonheur qui pleure.
Où tu soupiras Entre mes bras.
L'eau verte prolonge Son étreinte, songe Aux enlacements Des soirs aimants,
6o Intel tni'de.
Lorsqu'à ton oreille Ma voix est pareille Au bruit haletant Du flot montant !
La vague plus haute Crie, écume, saute, Comme un chien jaloux, Sur tes genoux.
Frileuse, arrosée Par Tâpre rosée, Tu dis : « Viens plus près !
Car Tair est frais. »
Je souris. Tu penses Qpe les transparences De tes yeux subtils Ont leurs périls...
Mais d'un bond s'élève Le flot sur la grève Jusqu'à diviseï^ Notre baiser.
Intermède. 6 1
Ah ! chère inhumaine, Tu ris ? Je t'emmène.
Les bois ténébreux Sont amoureux!