‹ Les poésiesChapitre 19 sur 172 · CALONICE · texte numérisé non relu

CALONICE

Sur la grande galère à quntrc rangs de rames,

Calonice ramène une fille d'Asie

Qui, nue et frissonnante et belle, s'extasie

De fouler des tapis de pourpre aux rouges trames.

(T O vierge, dit la Grecque, entre toutes choisie Pour apaiser mon cœur percé de mille lames. Tu connaîtras le sens des longs épithalames Et de mon amitié la chaste hypocrisie ! »

Dans l'air, à ce moment, on vit deux hirondelles

Caresser les cheveux épars des fiancées,

Et la brise chantait : Hvménée 1 autour d'elles.

Mais la lune baisa les vagues balancées,

Et lu parus, le front couronné d'asphodèles,

O nuit, ô blanche nuit, ô nuit mystérieuse!...

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A CANIDIE

Amîe au sombre cœur dans le mal égaré, Ton front n'est point pâli comme le front des veuves, Ta douleur a le calme imposant des grands fleuves, Et tu ne pleurais pas le jour où j*ai pleuré.

Ton vaste orgueil s'étale au-dessus des épreuves Comme au sommet des monts un beau lac azuré ; Tu portes, souriante et le pas mesuré, Tes nouveaux désespoirs comme des robes neuves.

Rien ne peut entamer ton cœur de diamant ! Dieu lit, dans le serein éclat de ta prunelle» L'irrémissible vœu de l'endurcissement.

Moi, je te suis de loin vers la nuit éternelle, Et, perdu dans l'horreur de ton rayonnementi Je m'abîme en ta chute, ô grande criminelle !

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