PROMPTES AMOURS
Tu n'as pas vu couler mes pleurs Et j*âi baisé tes yeux sans larmes Où le regard dont tu nous charmes Ressemble au sourire des fleurs.
Allumés par la griserie D'une odeur ou d'un coin de chair, Comme deux papillons qu'en l'air Le hasard du vol apparie,
28 Soirs moroses.
Nous avions à peine mêlé Les vifs battements de nos fièvres, Que le désir loin de nos lèvres Sans retour s'était envolé I
Mais notre ivresse fut meilleure D'être brève. Heureux les amants Q.ui de ces fugaces moments Dans la vie auraient toute une lieure !
Tu riais d'un beau rire fou Tandis que mes dents, chère proie !
Comme de l'or sur de la soie, Mordaient les frisons de ton cou.
Et, grâce aux rapides mensonges
Des impatientes amours.
Nous pourrons ignorer toujours,
Toi, qu'un spleen très ancien me ronge,
Moi, qu'au fond de ton cœur déçu L'ennui de vivre te dévore. O prudente folie ! Encore .
Un baiser, et nous l'aurions su.
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