LASSITUDE
Comme un mort qui se dresse et se recouche après, Quelquefois, sous tes yeux, j'ai des réveils encore; Mais vois les sombres draps dont le seuil se décore : Ce n*est pas pour l'hymen que Ton fit ces apprêts.
Tes cheveux m'étaient blonds, jadis! tu m'empourprais Toute l'âme, cher front, comme un lever d'aurore ; Maintenant, de ce front qui se penche et s'éplore. Ta chevelure verse une ombre de cyprès.
Viens donc, toi qui faiblis autant que je succombe. Nouons encor nos bras que la fatigue plombe Et mêlons le dernier souffle de nos poumons.
Là-bas, un oiseau vole... on aurait pu le suivre... — L'heure qui va sonner sait que nous nous aimons Assez pour en mourir, pas assez pour en vivre.