‹ Les poésies complètes de Charles Monselet (volume 2)Chapitre 68 sur 95 · A MONACO · texte numérisé non relu

A MONACO

ERTES, ô Monaco, j'admire ta terrasse De marbre, tes palmiers au pittoresque essor, Ton casino vermeil qui 5'étage avec grâce^ Et tant d'ombreux détours d'où le regard embrasse L'horizon enflammé qui chante un hymne à l'or I

Ensemble éblouissant de géantes broussailles) De monstrueuses fleurs et d'arbres fabuleux 1 Invraisemblable roc qui rappelle Versailles^ Avec la mer en plus, aux tons follement bleus 1

Mais moi dont, pour un rien, Toôil quelquefois se mouille) Ce qui m'a, l'autre soir, charmé soudainement, C^est, sous le ciel obscur et près du flot dormant, Dans un peiit ruisseau le chant d'une gi^nouille.

Cri timide perdu sous le roseau tremblant I — Q.ue deviez-vous penser, terre patricienne, Fiers cactus qui coûtez si cher à monsieur Blanc, En entendant chanter l'humble batracienne?

Naïfis coassements, rauques et réguliers !

Note toute française en ce concert d'Afrique ! Vous m*avez fait rêver d'un certain toit de brique, Au loin, — et j'ai revu la neige des pommiers,..

Aussi, quand je serai trahi par la fortune.

Ce qui m'arrivera souvent, grâce au zéro, J'irai plus d'une fois encore, à la nuit brune. Entendre ta rainette, ô parc de Monaco !

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