UNE INTRIGUE AU BAL DE L OPERA III
Répétèrent : « Il prend un soda ! Comprend-on ?
« Cet homme n'est plus rien chez les gens du bon ton ! »
Or, lui, croisant les bras, à sa compagne il dit : « Vous m'avez fait près d'eux tomber en discrédit; « Ne m'en verrai-je pas par vous récompensé? » Elle lui répondit : « Vous êtes bien pressé ! »
Et comme il poursuivait ses propos délirants. Elle ajouta ; « Bébé, je suis chez mes parents. » Le gandin s'écria : « Cela m'est bien égal, « Fais-moi connaître leur domicile légal. »
Pudiquement : « Mon cher, cela ne se fait pas ; « Mais vous pouvez pourtant accompagner mes pas, « Et, lorsqu'un sans ressorts m'emportera d'ici, « Vous installer derrière et tout apprendre ainsi.
« — Monter derrière un char ! » exclama le gandin, Plein d'un noble courroux ; « ah ! c'est trop de dédain ! « Cette preuve d'amour, ne l'espère jamais ! « J'aime mieux renoncer à t'aimer désormais.
112 UNE INTRIGUE AU BAL DE l'oPÉR"A
(( — A votre aise ! » dit-elle ; et, sans le saluer,
Vers la porte on la vit bientôt évoluer.
Un fiacre lui fit signé; elle monta dedans.
Il crut que les chevaux prenaient le mors aux dents ;
Lors, en dépit du monde et du respect humain, Il s'élança d'un bond ; et, sur l'arrière-train, Se maintint, cramponné ; — quand ce poste élevé Lui fit voir ses amis qui battaient le pavé !
Ce furent des hourras, ce furent de grands cris ; On le traita de groom, on en fit des paris; 11 servit de jouet à leurs joyeux ébats. Il était très-vexé, mais ne le montrait pas.
Le fiacre traversa le canal Saint-Martin.
La belle descendit; il lui donna la main.
lit comme le cocher demandait de rar,;ent,
Elle lui dit : « Monsieur n'est pas un indigent! »
Sur le seuil, elle et lui parlementaient encor, Q.u.uui, du troisième étage, avec un bruit de cor,