‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 125 sur 179 · LA BIÈRE · texte numérisé non relu

LA BIÈRE

i-E Vin, pourpre et furieux, A dit en voyant la Bière :

« Chassez vite l'étrangère !

« Qu'on la dérobe à mes yeux ! »

Mais la fille aux longues tresses, Dont le regard est si clair, Lui sourit, sans avoir l'air De comprendre ses rudesses,

Et le Vin n'y pourra rien; L'enfant aux rousses épaules Est Française, il le sait bien :

Elle naquit dans les Gaules.

Et c'est depuis ces vieux temps Qu'on voit tant de brasseries, Où les yeux, ces pierreries, Brillent aux fronts de vingt ans.

246 CE QUE l'on boit

Ces filles de forte race, Ces prêtresses des houblons, Montrent sur leurs cheveux blonds Le papillon noir d'Alsace.

Ces moqueuses de Bacchus, Dont s'emplit toute l'Europe, Au nom du roi Gambrinus Font circuler mainte chope.

Et le buveur tendre et fol,

A la jeune canéphore,

Joyeux de sa métaphore,

vPemande : « Un bock... sans faux-col! »

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