‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 26 sur 179 · CLORINDE · texte numérisé non relu

CLORINDE

L'autrk nuit, comme ils étaient onze Qui soupaient h la Maison-d'Or, Sous une table aux pieds de bronze Deux d'entre eux parlaient d'elle encor.

Elle est morte, c'est grand dommage, La reine du quartier Bréda !

Mieux eût valu pour ce voyage Voir partir Rosine ou Léda.

C'était une petite blonde, Née à seize ans et morte h vingt; Enfant qui trop tôt vint au monde, Enfant qui trop tôt s'en revint.

Un des princes de la finance L'avait sortie on ne sait d'où.

Chez elle éclatait l'élégance; Il l'entourait d'un luxe fou.

CLOKINbfc:

Dans les plis d'un peignoir cachée.

Le cœur et les yeux assoupis, Elle passait son temps couchée Sur les fleurs de son grand tapis.

Nulle n'était plus provocante Dans nos nuits de bruyant gala :

A la fois marquise et bacchante, C'était Clorinde ! Pleurons-la.

Adieu, notre jeune compagne!

Tu t'en vas au milieu du jour, L'estomac ruiné de Champagne Et le cœur abîmé d'amour.

Un menuisier, une portière, Deux personnes uniquement La suivirent au cimetière :

Sa mère et son premier amant.

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