‹ Les poésies complètes de Charles MonseletChapitre 8 sur 179 · TUK POUR UNE ROSE · texte numérisé non relu

TUK POUR UNE ROSE

Vous trouverez sans doute, Si votre esprit l'écoute, Ce poème bien vieux.

Mais, je m'en vais vous dire, C'est un dernier sourire A des jours plus heureux.

Ce sont des bagatelles, De poudreuses dentelles, Des haillons éclatants, Des rimes espagnoles, Enfin des choses folles, Des choses de vingt ans !

Mais c'est notre jeunesse, C'est notre heure d'ivresse; Et, dans son nom moqueur, Ce Don Juan résume Tous nos rêves de plume, Tous nos rêves de cœur.

Ah ! comme je regrette Ce beau temps du poète, Où je crois voir encor, Comme un conte d'Asie, Passer la Fantaisie En manteau brodé d'or!

On avait des alcades Alors, — des sérénades, Des perles et du fard,

^4 tuf: pour une rose

De belles nuits de joie, Et des pourpoints de soie Grevés par le poignard!

On avait des gambades, Des sauts, des pasquinades, Des lazzi de tréteau, |

Mainte et mainte fadaise A faire pâmer d'aise Il Bambocciato !

Autre temps, autre mode; Hélas ! le conte et l'ode N'ont plus rien que d'urbain.

Pleurons! Adieu, moustaches!

Éperons et panaches, Retournez chez Babin !

Voilà pourquoi, madame, Vous me surprîtes, l'âme Rêveuse, Tautre soir, Devant des castagnettes Sur ma table muettes, Auprès d'un masque noir.

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