‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 121 sur 133 · CONFIDENCE · texte numérisé non relu

CONFIDENCE

(( Regarde-le , ma bonne sœur ; tiens , le voilà ! . . . Je suis troublée & mon cœur bat dès qu'il s'avance; Dès qu'il s'en va, je le regrette, & le silence Qui règne alors, me fait pleurer. Pourquoi cela.'

— Enfant, c'est de l'amour! Il faut y prendre garde. Comment as-tu connu ce garçon singulier?...

— Une fois, en passant, & je crois par mégarde, Il m'a fait un salut, en montant l'escalier.

— Il ne t'a pas parlé? — Non, ma sœur, je te jure.

— Il ne t'a pas écritr — Hélas! non, encor moins.

— Alors deviendrais-tu folle par aventure? Et de quelque docteur te faudra-t-il les soins?

— Ecoute tout, ne gronde pas! Dans mes prières,

Je pense à lui plus qu'à Dieu même! En mon sommeil, J'ai cru sentir comme un baiser sur mes paupières, Qui me brûlaient encor , ma sœur, à mon réveil.

— Oui, c'est bien de l'amour ! Que veux-tu que je dise? Quoi faire? Je ne sais rien de ce cavalier.

Si tu peux l'oublier, que Dieu te favorise De ne jamais le voir remonter l'escalier. »

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