‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 22 sur 133 · LE BOURDON · texte numérisé non relu

LE BOURDON

Les froids son: passés... J'en suis sur J'ai vu le bourdon apparaître Sur le lilas de ma fenêtre .

Le bourdon ! aux ailes d'azur , Frais éclos , veste diaprée; Trépignant, la mine affairée, Luisant & d'un noir de velours: ~ Il était en grande livrée, Cet ambassadeur des beaux jours.

Quelles nouvelles^ sur sa route, Raconte-t-il à mon lilas .^ S'il bourdonne, alors je l'écoute; Mais j'entends & ne comprends pas.

Quand il se pose & se recueille , Il lui dit peut-être, tous bas :

L'espoir s'entrouvre avec ta feuille.

Ou : Bonjour, l'ami, je suis las.

Ou toute autre chose... Il s'envole!

Chargé d'annoncer le beau temps, Montrez-vous à ceux qu'il console.

Adieu, messager du printemps!

Déjà la plaine est vaporeuse; Dans cette atmosphère brumeuse

Le soleil darde ses rayons.

Malgré ses torrents de lumière ,

On voit sur la nature entière

Ainsi qu'une immense poussière.

Dans ces vapeurs en fusions

Les cieux se mêlent à la terre :

Tout se confond aux horizons;

Tout fermente & se régénère;

Et, pendant ce divin mystère,

Tout est murmures & chansons !

Tout renaît, tout s'émeut, tout pousse;

Tout verdoie, espère ou fleurit.

Les bois sont tout couverts de mousse ;

Et Mars, comme Mai, nous sourit.

Giboulée, adieu! tout rayonne;

La charmille ou l'arbre bourgeonne ,

Et le ciel esc couleur d'étain.

Adieu toutes les cheminées !

Nous aurons de chaudes journées...

J'ai vu le bourdon ce matin!

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