‹ Les poésies d'Auguste de ChâtillonChapitre 88 sur 133 · CHANT D UNE BRETONNE · texte numérisé non relu

CHANT D UNE BRETONNE

Le cœur

De ma sœur

Madeleine

Esc en peine :

En guerre esc parci son amanc.

Doux hautbois, dans l'éloignemenc Chancez, chantez bien tristement.

La chère enfant esc désolée ; Rien ne peut calmer sa douleur ; Son espérance esc envolée, Ec sa criscesse me faic peur.

Dans la cour je la vois qui pleure En tenant son blanc tablier ; Et pendant la nuit, à toute heure.

Je l'encends gémir ou prier.

Hier elle a fait brûler un cierge Pour savoir quand il reviendra.

En songe elle verra la V ierge Qui cette nuit le lui dira.

Pour hâter sa bonne venue, J'en ai déjà faic brûler trois.

— zzG —

La Vierge n'est pas apparue...

Ec son amant est mort!... je crois.

Le cœur

De ma sœur

Madeleine

Est en peine :

En guerre est parti son amant.

Doux hautbois, dans l'éloignement Chantez, chantez bien tristement.

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