LE COIN DU FEU
Ami, je suis heureux dans ta vieille chaumière, Dont la pluie à torrents menace en vain le toit. Nous sommes clos, les murs sont forts ; les loups, derrière, Hurlent près du foyer où nous bravons le froid.
La flamme en pétillant épanche sa lumière ; Chaque objet a son point qui brille : tout se voit. Ton horloge de bois crépite, &, régulière, Semble un être attentif qui veille en ton endroit.
Fumons , en écoutant cette trombe qui pleure ,
Et ton gros chat qui ronfle. Oh! combien, à cette heure,
Sur l'abîme des mers luttent contre la mort...
Nous, nous allons souper, les pieds prés de la braise, Puis après nous coucher & dormir à notre aise: Quand tant d'autres, hélas! ont un si triste sort!