‹ Les poésies de l'enfanceChapitre 74 sur 78 · L'ENFANT ABANDONNE · texte numérisé non relu

L'ENFANT ABANDONNE

Ah ! mon père! mon père ! où retrouver mon père? Cette chambre, où j'ai peur, serait pleine avec lui. Son enfant qu'on effraie aurait un doux appui. Il dirait : Taisez-vous ! à qui me désespère. Ah! mon père! mon père! où retrouver mon père? Dieu dit toujours :. un jour! et jamais : aujourd'hui.

Un enfant ne sait pas comme la vie est grande,

Et longue! et froide! et sourde à ses cris superflus;

Quelle terreur attend ses pas irrésolus;

Ce qu'il donne d'amour avant qu'on le lui rende 1

Un enfant ne sait pas comme la vie est grande :

Si mon père vivait, je ne le saurais plus !

Vous ne laisseriez pas votre enfant dans la foule, Vos bras m'enfermeraient : vos bras étaient si doux! Et le sommeil aussi, car on dort avec vous,

Mon père! et, sans sommeil, toute ma nuit s'écoule : Vous ne laisseriez pas votre enfant dans la foule, Ni longtemps, ni tout seul, votre enfant à genoux!

Sous mon pauvre oreiller j'ai caché vos prières; Ce livre vous parlait... je l'ouvre quand j'ai peur. Vos mains l'ont tant tenu qu'il est chaud sur mon cœur ; C'est comme une aile d'ange entre eux et mes paupières: Sous mon pauvre oreiller j'ai caché vos prières, Et je los apprendrai pour plaire au Créateur!

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