UN PAUVRE
▲ UON FILS
Enfant, sois doux au pauvre; il en est d'adorables, Il en est de puissants sous leurs traits misérables. Tel est celui qui monte attiré par ta voix, Qui descend toujours humble et content quelquefois, Selon nos jours à nous, vides, remplis d'attente, Ou comblés de travail et de joie haletante. Dieu lui fait, m'a-t-il dit, de longues nuits sans peur, Et, sous un peu de paille, il a chaud dans son cœurl Le sommeil a pour lui des ailes touies prêtes; C'est là qu'il illumine et qu'il donne ses fêtes; Là, qu'un ange vient dire à ce pauvre à genoux : « Debout! debout! mon frère! et montez avec nous!
DE I/ENFANCR ^9
Dans votre épreuve solitaire, Ne demandez pas le bonheur :
Sa semence est dans votre cœur; Il n'éclora pas sur la terre.
Bénissez donc vos pleurs dont l'intérêt s'amasse. Dieu compte avec la terre; où l'ombre rogne, il passe! Et l'éternité s'ouvre aux mots : pardon! amour! Montez ! » Et l'indigent monte à Dieu jusqu'au jour! Quand ce beau rêve a fui, quand la faim le réveiile, S'il tombe en soupirant du ciel où Ton sommeille, Il reprend son fardeau plus léger, lui plus fort, Et gravit, patient, les affronts de son sort.
Ce pauvre est plus qu'un pauvre! une telle indigence,
Puisque Dieu la permet, ouvre l'intelligence :
Dieu voilé parle en lui. Souvent ses vieux lambeaux
M'ont paru lumineux comme si de flambeaux,
Comme si des rayons d'une auréole sainte,
Sa tête blanchissante et paisible était -ceinte.
Ce pauvre est plus qu'un pauvre! enfant, sois doux pour lu
Comme tu fus hier, s'il revient aujourd'hui.