‹ Les poètes de la guerreChapitre 11 sur 54 · ALBERT DU BOIS · texte numérisé non relu

ALBERT DU BOIS

Je le trouve sublime et non pas ridicule, O soldat de vingt ans, ce cri qui salua L'instant où ton matin joyeux en crépuscule Sinistre se mua !

Ce cri qui tout d'abord semble bien moins épique Oue des chants claironnants de hautaines clameurs, Moi, je l'admire plus, soldat, car il m'explique Que tu sais bien pourquoi tu meurs !

Tu sais que tes vingt ans, tu ne les sacrifies Qu'au seul amour — au seul ! — qui mérite ici-bas Qu'on lui fasse l'atroce offrande de sa vie Et qui vaille tous les combats !

Tu sais bien que tu meurs, puisque ton âme glisse, Avec ce mot dans l'ombre où s'éteint ton élan, Pour l'unique amour qui vaille un tel sacrifice : Ta mère... Ta maman !

Oui ! sous tous les grands mots dont la lèvre est fleurie, Quand on veut noblement pousser un noble cri. Il n'y a sous tous ces beaux mots : France et Patrie ! Que le vieux front chéri !

Que le doux front chéri dont l'âme a fait la tienne, Que le bon front chéri qui, toujours anxieux. Suivait, guettait le fils, attendait qu'il revienne, Tant d'amour dans les yeux !

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