‹ Les poètes de la guerreChapitre 20 sur 54 · EMILE COUTEAU · texte numérisé non relu

EMILE COUTEAU

La Petite Bonne allemande

Aux beaux jours du dernier printemps, Dans son château des bords de l'Oise, Une digne et riche bourgeoise Disait : « C'est un malheur des temps « Dans notre état démocratique, « Le peuple de France est hanté « D'un rêve fou d'égalité.

A^i Dieu ni maître est son cantique,

On ne peut plus trouver de domestique.

Moi, j'ai, grâce à Gretchen, toute tranquillité;

C'est une fille sage et que tout recommande ;

Ni paresseuse ni gourmande, « Douce, propre, sans volonté ; « Jamais elle n'a mérité « La plus légère réprimande ; « Elle est parfaite, en vérité, « Ma petite bonne allemande. »

Arrive la chaude saison ; C'est la guerre ! Est-ce une raison Pour renvoyer la pauvre fiUe ?

Elle est presque de la famille.

Elle aime tant notre maison !

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