‹ Les poètes de la guerreChapitre 21 sur 54 · EMILE COUTEAU · texte numérisé non relu

EMILE COUTEAU

Quand le commissaire demande L'âge, le pays et le nom :

« Est-elle Prussienne ? » on dit : « Non, « Elle est de la Suisse allemande. »

C'est, dans le brouillard automnal, Le bombardement infernal De la ville terrorisée.

Qui donc le guide? Une croisée Que vient d'éclairer un fanal.

Où l'espionnage commande, L'ouragan de fer a passé.

Rien ne reste debout de ce qu'a dénoncé La petite bonne allemande.

Les champs dévastés sont couverts Par le plus rude des hivers D'un grand linceul de neige blanche.

En France elle a sonné l'heure de la revanche ! L'heure tragique des revers Pour l'Allemagne est arrivée.

L'espionne en vain s'est sauvée.

Elle est prise au pays teuton...

Le sergent d'escorte demande :

« Quand donc la fusillera-t-on, « La petite bonne allemande ? »

Emile Couteau.

[Le Gaulois, 23 novembre.)

Noir, jaune et rouge

Vers dits par Léon Bernard, DE LA Comédie-Française

C'est pour nos frères de Belgique !

Achetez les petits drapeaux, Afin que l'exode tragique Puisse goûter quelque repos.

Chez nous la guerre les exile.

Or, s'ils sont sans pain, sans asile, Tous ces errants que vous voyez, C'est qu'ils ont dès la première heure. En sacrifiant leur demeure, Su nous conserver nos foyers...

A notre cher drapeau de France Oue leur drapeau, mêlant ses plis, Chante la gloire et la souffrance Des rudes exploits accomplis ; Oue cette union porte en elle L'entente digne et fraternelle De nos soldats avec les leurs ; Et tandis que flotte l'emblème De ceux qu'on admire et qu'on aime.

Examinons ses trois couleurs :

— Noir, jaune, rouge, il représente En un symbole harmonieux

Ce qu'à la minute présente Est la terre des fiers aïeux :

Le noir redit les deuils funèbres Sur qui, dans l'effroi des ténèbres, La nuit sépulcrale descend ; Cependant que le rouge exprime Les horreurs sanglantes du crime Dont souffre ce peuple innocent.

Mais entre le noir et le rouge (Deuil ou crime étant écarté).

On peut voir un rayon qui bouge, Prodiguant sa jaune clarté.

Telle une bienfaisante aurore.

Il dit que vous aurez encore

— Sujets d'un prince non pareil.

Comme lui sans peur, sans reproche — Dans un avenir qui s'approche.

Votre large place au soleil !...

Hugues Dei,orme.

(Le Petit Journal, ao décembre igii.)

Le Typhus de la goinfrerie

L'armée allemande est atteinte de salmonellose, intoxication qui se produit chez les gens qui abusent de la charcuterie et qui se termine par la mort.

(Journaux.)

Qu'est-ce que la Salmonellose':'...

Il serait bon qu'uu érudit L'expliquât clairement, s'il l'ose.

Du moins, voici ce qu'on en dit :

Ce mal du typhus se rapproche.

Mais, spécial au peuple boche, Chez lui seul répand la terreur :

C'est le fléau fatal dont souff're Quiconque absorbe comme un gouffre !

Tels les sujets de l'Empereur...

Car, il faut bien qu'on le répète. L'homme d'esprit seul sait manger, Et le Teuton, comme une bête, Bâfre au point de mettre en danger Ses jours si précieux. Il broute D'abord un tonneau de choucroute.

Puis, pour se nettoyer les dents.

Du boudin noir au kilomètre.

Non sans avoir pris soin de mettre De la confiture dedans.

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