‹ Les poètes de la guerreChapitre 24 sur 54 · PAUL, FERRIER · texte numérisé non relu

PAUL, FERRIER

A la Mémoire de Paul Déroulède

Et moi, je pense à Déroulède,

A Déroulède, mort trop tôt.

Et dont l'âme, auprès du Très-Haut,

Ne pouvant combattre, intercède !

Ce brave, au tombeau descendu.

Où sa cendre glacée ignore Qu'elle s'allume enfin, l'aurore Du jour si longtemps attendu !

Quelle joie eût été la sienne,

S'il voyait le Droit triomphant

Et le Lion belge étouffant,

Dans ses griffes, l'Aigle prussienne !

S'il voyait nos mobilisés.

Calmes et froids, partir en guerre, Sans fanfaronnade vulgaire, Par la Foi seule électrisés !

Et l'unanime prise d'armes Où, chacun mettant sa fierté, Les hommes cachent leur gaieté Et les femmes cachent leurs larmes !

S'il voyait, en un même accord.

De la Mer Noire à la Baltique, Poussant un hurrah frénétique.

Se ruer nos frères du Nord,

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