PAUL, FERRIER
A la Mémoire de Paul Déroulède
Et moi, je pense à Déroulède,
A Déroulède, mort trop tôt.
Et dont l'âme, auprès du Très-Haut,
Ne pouvant combattre, intercède !
Ce brave, au tombeau descendu.
Où sa cendre glacée ignore Qu'elle s'allume enfin, l'aurore Du jour si longtemps attendu !
Quelle joie eût été la sienne,
S'il voyait le Droit triomphant
Et le Lion belge étouffant,
Dans ses griffes, l'Aigle prussienne !
S'il voyait nos mobilisés.
Calmes et froids, partir en guerre, Sans fanfaronnade vulgaire, Par la Foi seule électrisés !
Et l'unanime prise d'armes Où, chacun mettant sa fierté, Les hommes cachent leur gaieté Et les femmes cachent leurs larmes !
S'il voyait, en un même accord.
De la Mer Noire à la Baltique, Poussant un hurrah frénétique.
Se ruer nos frères du Nord,