‹ Les poètes de la guerreChapitre 28 sur 54 · CHARLES-HENRY HIRSCH · texte numérisé non relu

CHARLES-HENRY HIRSCH

Rêves allemands

Gretchen rêveuse, à la fenêtre, Récure un pot en soupirant.

Elle soupire en récurant, Et ses yeux demandent à paître.

Ce sont des yeux ronds de faïence, Les gros yeux pâles d'un veau blanc.

Pour le reste, visage ou flanc, C'est lard ou jambon de Maycncc.

Son Williclni est rose comme elle Et, comme elle, au rêve est enclin.

C'est quand il a l'estomac plein, Ou'il poétise à tire d'aile.

Là-bas, là-bas, dans la tranchée, Son Kaiser le nourrit de vent; Et ce régime décevant Répugne à sa langue alléchée.

Toutefois, la faim, dans un songe.

Lui sert un repas « kolossal »

Où le saucisson de cheval Dans un ravissement le plonge.

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