‹ Les poètes de la guerreChapitre 29 sur 54 · CHARLES-HENRY HIRSCH · texte numérisé non relu

CHARLES-HENRY HIRSCH

Son âme, alors, vers l'azur cingle !

Il voit son cher vieux dieu germain, Empaler, d'une experte main.

Sa Gretchen, d'une ferme tringle.

Et la fille, changée en oie, Tourne, se dore et pleure un jus Tel qu'humain n'en sentira plus Le fumet l'encenser de joie.

Amour ! Amour ! Merveille et grâce Du bien-aimé, le cœur épris!

Wilhelm ne connaît plus de prix A sa Gretchen en broche et grasse.

Il subodurc une repue, Cependant que, frottant toujours, La vierge voue à ses amours La fleur de sa bouche lippue.

Elle aussi, mystique nature, Revoit son tendre fiancé.

Sous l'espèce d'un émincé De porc frais à la confiture !

Cet échange de victuailles,

C'est Wilhelm et Gretchen rêvant.

C'est la Germanie élevant

Son âme aux échos des batailles.

8o CHARLES-HENRY HIRSCH

Par affinités électives, L'oie et le porc soient ton blason, Allemagne aux grandeurs fictives !

Où ton aigle a failli, l'oison Dira mieux tes clartés natives, Et le porc, ta fine raison.

Charles-Henry Hirsch.

{L'Auto, i^r janvier igi5.)

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