‹ Les poètes de la guerreChapitre 31 sur 54 · EUGÈNE LEMERCIER · texte numérisé non relu

EUGÈNE LEMERCIER

Las ! Le beffroi servit de cible Aux dévastateurs criminels.

Comme un être humain, impassible Sous une grêle de shrapnels, Au sommet de la tour blessée Dont les pierres semblaient gémir, Sous la canonnade insensée, Le lion paraissait dormir.

De l'agonie, ultime phase.

L'antique beffroi s'est courbé.

' La tour chancelle sur sa base, Le lion penche... il est tombé!

La tour est réduite en poussière Dans un bruit sourd d'écroulement ; Et l'on crut, dans la ville entière.

Entendre un long rugissement.

Eugène Lemercier.

(Le Bonnet rouge, Ct novembre 1914.)

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