‹ Les poètes de la PléiadeChapitre 29 sur 48 · LA CORNALINE · texte numérisé non relu

LA CORNALINE

Ce petit archerot Amour Bavolant s'esgayoit un jour Dedans les vergers de Cytheres, L'arc au poing fait d'yvoire blanc, En escharpe la trousse au flanc, Grosse de cent flèches légères.

Mais (malheur ! ) volant dans ce parc De branche en branche, de son arc Rompt le bout, et perd l'encornurc, Despité retranche le cours De son aile, et sans le secours De sa mère, il mouroit à l'heure.

Humaine, qui pour l'appaiser

L'ayant caressé d'un baiser

De sa bouchete couraline,

Luy donne en ce nouveau courrous

Pour soudain encorner les bouts

De son arc, une Cornaline.

Qui depuis ha tous jours cet heur,

D'assopir et fondre l'aigreur

De l'homme eschaufé de colère :

En mémoire que cet enfant

Appaisé se veit triomfant

Du malheur, par l'heur de sa mère.

Ceste pierre en poudre, des dens Tire la rouille, de nos ans Marque véritable et non vainc :

Estanche les coulans ruisseaux Du sang qui coule des naseaux, Ou des rameaux d'une autre veine.

REMY BELLE A V

Elle est d'incarnate couleur, Languissant d'un peu de palleur La vraye et la naïsve est celle Qui sans nuage se fait voir, Pure et nette, sans rien avoir Qui ternisse sa face belle.

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