A LA FRANCE
Oyseau qui de garde fidelle Dessillé fais la sentinelle Sous le silence de la nuict, Réveillant d'une voix hardie La troupe de somme engourdie Et de paresse, à ton haut bruit.
Oyseau à la creste pourprée Compagnon de l'Aube dorée, Trompette des feux du Soleil, Qui te perches à la mesme heure Qu'il plonge en mer sa chevelure Pour se rendre alaigre au travail.
N'cstoit-ce assez que Varrogance De vostre œil domtast la puissance Et l'ire des Lions plus fiers, Sans que pour la vaillance acquerrc S'endurcist encor ceste pierre Au ventre creux de vos gésiers ?
Tesmoin ce luteur indomtable.
Ce fort Milon inexpugnable,
Qui remparé de la vertu De ceste pierre, pour sa gloire A tousjours gagné la victoire, Quelque part qu'il ait combatu.
On dit plus, que cil qui la porte A l'esprit net, la grâce accorte De bien dire, et qu'en rechaufant La froide glace de son ame, Des fieres rigueurs de sa Dame En fin demeure trionfant.
Dedans la bouche elle modère La soif, qui bruslant nous altère :
Elle est noirastre, ou de couleur De crystal : et point ne s'en trouve Qui retienne plus q'une febve Ou de longueur ou de grosseur.
Fay que la race surnommée De ton nom, dont la renommée Est esparse par l'Univers, N'altère jamais la puissance Qu'elle a quise par sa vaillance, Par force et par assaux divers.
a L'OMBRE