INVOCATION
Au bord de sa couche arrondie Que le zéphyr vient balancer.
Voyez -vous Toiseau plein de vie Qui n'ose encore s'élancer Parmi les fleurs de la prairie ?
Inquiète , et belle d'amour.
Sa mère, rasant de son aile.
Du nid le modeste contour, L'invite et tendrement l'appelle.
Avec des yeux pleins de douceur.
Ainsi la Muse qui m'inspire, D'une main me guide au bonheur, Et de l'autre me tend sa lyre :
Bloi, dès longtemps nourri de pleurs ^ Rempli de trouble et d'innocence, Dans le sentier bordé de fleurs.
Craintif, pas à pas je m'avance ; Mais si le destin ennemi Venait, méprisant mon aurore.
Briser en ma main faible encore Mon jeune luth mal afl'ermi ; Doux souvenir de mon ami, Ombre qui m'es toujours si clière, Descends sourire à ma prière !
Je t'invoque, console -moi!
Et dans ce monde où tout s'efface , Si l'affreux reptile m'enlace, Je ne demande que la grâce D'aimer... de mourir comme toi!...
(Là MOtT DU JlOiri POÎTI.)