LES TEMPS PASSES
Dans cette vallée de la Fin , lien proche d'Aix , fut donnée la plus sanglante bataille entre les Allobroges et les Romains , qui se soit oncques données.
(Cabias , an i6a4>)
Mais loin du sol où Tonde a creusé son bassin. Dans ces champs surnommés les plaines de la Fin, Où le bruyant Siéros ' poursuit sa course oblique, Jadis, si Ton en croit une légende antique, Le vaillant Allobroge et Toigueilleux Romain, Couverts de la cuirasse et du casque d'airain. Dans un affreux combat signalèrent leur rage : Nul ne vit de nos jours plus horrible carnage! Succombant tour à tour sous le fer destructeur. Les chefs et les soldats , bouillonnant de fureur, Jonchèrent de leurs corps cette arène sanglante ; Et la mort, cette reine aux fatales couleurs, Confondant en son sein et vaincus et vainqueurs, Seule au milieu du camp demeura triomphante!
Rivière.
Les siècles sont passés!— Le nom seul de ces lieux Nous dit de ces guerriers le trépas glorieux ; Nul faste, nul trophée, ami de la victoire. N'apprend à l'étranger leur héroïque histoire. Seul, le bon laboureur, en creusant les sillons, Découvre quelquefois, dans ce vieux champ de guerre, Les débris mutilés de ces fiers bataillons;
Un fer de lance, un massif éperon.
L'obole destinée au ténébreux Caron ;
Rares trésors que Theureux antiquaire Dépose avec respect sur ses rayons poudreux. Pour les transmettre un jour à ses derniers neveux.
ni