‹ Les poètes de la SavoieChapitre 28 sur 89 · A SILVIO PELLICO · texte numérisé non relu

A SILVIO PELLICO

Aux aciients de sa voix chaste et religieuse. Avant qu'il me l'eût dit, je l'avais deviné : D'un sang savoisien ce poète était né.

Sa muse, écho d'en haut, est aimante et pieuse. Quand au ciel des beaux arts ce nouvel astre eut lui. Quand le monde étonné saluait son génie. Le proclamant son fils, la superbe Ausonie, Jalouse, crut en vain avoir tout fait pour lui.

HYACINTHE THIOLLIER. 16i

Mais, fille de nos monts, sa bonne et tendre mère Loin du monde et sans bruit, par amour, la première A façonné le cœur qui dicta Mes Prisons.

Poète, à ses douces leçons, A ses simples vertus rends grâces si la Gloire T'inscrivit, jeune encore, au temple de Mémoire.

En crayonnant les traits du loyal montagnard, En f offrant dans des vers sans apprêt et sans art. Tout ce qu'aime ton co3ur, tout ce qui peut te plaire, A visiter nos monts j'ai voulu t'engager. Leurs fils hospitaliers t'y recevront en frère : L'auteur de Francesca, que le monde révère, N'y sera point un étranger.

Quitte les champs en fleurs de ta belle Italie ;

Roi des plaines de l'air et frère du génie,

Comme il vit dans tes cieux, l'aigle .vit sur nos monts.

Abandonne pour eux tes riantes campagnes :

Aux flancs de nos hautes montagnes ,

Ainsi que dans tes beaux vallons, Croît l'arbre aux verts rameaux que chérit le poète. Sur nos caps de verdure . à l'écho qui répète Le nom de Lamartine, un fraternel écho Depuis longtemps redit celui de Pellico.

Jean -Pierre Veyrat naquit à Grésy- sur- Isère (Savoie), le i" juillet 1810. Il commença ses études au collège de Conflans*, passa ensuite au petit séminaire de Saint- Pierre -d'Albigny et acheva son cours de collège chez les jésuites, à Chambéry, où ses succès le firent remarquer.

A l'âge où, d'ordinaire, l'homme ne peut que bégayer sa langue, Veyrat avait déjà jeté sur le papier ses premiers essais poétiques qui avaient attiré l'attention de ses professeurs. Il était né poète. Cependant la poésie, pour lui, ne fut d'abord qu'un passe -temps agréable, et elle ne lui apparut point comme devant être sa

• Aujourd'hui Alberlvill»'.

seule préoccupation ; appartenant à une famille nombreuse, d'une fortune relativement médiocre , il comprit que le métier de littérateur de province ne pouvait l'aider à vivre, et il commença son cours de médecine. La raison, toutefois, ne l'emporta pas toujours, chez lui, sur le naturel ; le démon des vers le tourmentait sans cesse , tellement que sa plume reproduisait plus souvent les inspirations du poète que les leçons de l'amphithéâtre.

A cette époque , sa poésie n'avait rien de la teinte sombre que lui donnèrent plus tard le malheur et les souffrances ; esprit sarcastique avant tout, Veyrat se plaisait à lancer des traits satiriques sur tout ce qui semblait renfermer un abus ou un ridicule; il frappait même sur les travers d'esprit de ses confrères et de ses amis ; le rire strident de la satire éclatait dans chacun de ses vers, et les coups qu'il portait perçaient de part en part le but vers lequel ils étaient dirigés.

Cette tendance lui devint bientôt funeste. A la suite de sermons que l'abbé Guyon , prédicateur à la parole véhémente , avait prononcés dans les premiers jours de 1852, il y eut quelques troubles à Chambéry; la jeunesse des écoles prit la tête du mouvement, et Veyrat n'eut garde de laisser passer cette occasion de

se servir de l'arme terrible qu'il maniait avec une dextérité si grande. Il ne se mêla point aux manifestations publiques, car il n'était pas homme d'action , mais il versa à pleines mains le sarcasme sur la noblesse et la haute bourgeoisie, qui avaient applaudi aux paroles du missionnaire. Il fut compromis aux yeux de l'autorité, et compris dans le nombre des jeunes gens qui, au sujet de cet événement, furent exilés de la Savoie. Le il janvier 1832, Veyrat se dirigea sur la France, marchant vers des destinées inconnues, le deuil dans l'àme, animé de la haine la plus invétérée contre tout ce qui se rattachait de près ou de loin au gouvernement piémontais.

Il s'arrêta à Lyon. Sa première idée , en arrivant dans cette ville, fut de se venger par la plume de l'ostracisme dont il était frappé ; appuyé par quelques hommes de talent, dont l'un d'eux est aujourd'hui placé dans les hautes sphères gouvernementales, il fonda V Homme rouge, journal en vers, où la satire coulait à pleins bords. Veyrat dirigeait surtout ses articles contre le roi deSardaigne, Charles- Albert ; ses attaques étaient d'une violence extrême et auprès des termes dont il se servait aurait pâli la Némésis de Barthélémy. L'Homme rouge fut bientôt remarqué, non-seulement pour sa brutale

vigueur, mais surtout pour le talent avec lequel il était rédigé ; aussi Veyrat fut-il forcé de suspendre sa publication sur les représentations faites au gouvernement français par le cabinet de Turin qu'effrayait cet ennemi posté sur les frontières du royaume.

V Homme rouge disparut. Veyrat resta quelque temps encore à Lyon, puis se rendit à Paris où devait commencer pour lui une longue et douloureuse agonie. Recommandé par ses amis de Lyon à des journalistes de la capitale, il collabora d'abord à des feuilles politiques. Il eût pu trouver, dans la modeste position qui lui était faite , des ressources suffisantes pour subvenir à ses besoins, et attendre paisiblement un meilleur avenir; mais les illusions dont il se berçait l'empêchèrent de se contenter de si peu ; les fumées de la gloire lui étaient montées au cerveau par anticipation, et il dédaigna de s'astreindre au travail quotidien du journalisme. Il fut saisi alors de cette fièvre dangereuse qui s'empare des jeunes intelligences d'élite à un moment donné, et les consume sans merci, lorsque le hasard ne leurjfait pas rencontrer un guide sage et expérimenté , qui les apaise et les rappelle à la réalité. Veyrat se drapa dans son talent, s'exalta à la pensée qu'il pouvait devenir illustre, mais ne fit rien pour vaincre les pre-

miers obstacles dont il aurait dû tout d'abord se rendre maître afin de réaliser ses espérances.

La fréquentation des théâtres fit naître en lui une passion outrée pour le drame; les succès obtenus par quelques dramaturges avaient mis son imagination en feu et excité son envie ; il abandonna presque entièrement la poésie et ne s'occupa plus qu'à écrire des drames dont quelques-uns , de l'avis de juges compétents, étaient irréprochables. Malheureusement il ne put les faire accepter au théâtre; il lui manquait des soutiens et des protecteurs, car ses amis mêmes, lassés par la force d'inertie qu'il opposait constamment à leurs conseils désintéressés, commençaient à l'abandonner. Ses rêves dorés n'en continuèrent pas moins à grandir et finirent par dépasser les bornes de la raison. Veyrat fondait toujours sur ses drames l'espoir le plus grand, et, au reproche que lui faisaient les derniers amis qui lui fussent restés fidèles de ne pas s'occuper à se procurer les ressources nécessaires à la vie, il répondait par un superbe mépris ; un sourire de pitié effleurait ses lèvres et dédaigneusement il laissait tomber de sa bouche des sarcasmes amers à l'adresse des gens positifs qui ne partageaient pas ses espérances. Un jour, dans l'enthousiasme que lui inspiraient ses œuvres, il alla jusqu'à s'écrier :

« Tranquillisez- VOUS, bourgeois, bientôt nous aurons des palais , des voitures et des odalisques qui feront brûler des parfums d'Arabie dans des cassolettes d'or* ! »

Hélas I palais, voitures et odalisques ne vin rent point réjouir le cœur du pauvre poète. Au lieu d'odalisques ce fut la misère qui un jour frappa à sa porte; il se réveilla comme d'un songe à cet appel qu'il n'avait pas eu la sagesse de prévenir, entraîné qu'il était par ses folles illusions et, peut-être aussi, par un sentiment de vanité mal placée qui acheva de l'aveugler sur sa situation. Il songea forcément, à cet instant suprême , à tourner ses efforts vers le côté matériel de la vie ; il traita avec sa famille pour retirer son patrimoine et se rendit à Chapareillan , sur la frontière , pour toucher ce qui lui revenait.

De retour à Paris, Veyrat vécut aisément jusqu'à l'épuisement de ses nouvelles ressources, mais sans plus s'occuper de l'avenir. Puis , lorsque la misère vint de nouveau heurter à la porte de son réduit, il sonda avec effroi

* Nous avons puisé ces détails intéressants dans les notes qui nous ont été communi(iuées par M. le docteur P..., d'Annecy, l'un des amis les plus intimes de J.-P. Veyrat. Des renseignements nous ont été aussi fournis par la famille du poète pour les autres parties de cette notice biographique.

Tabîme ouvert sous ses pas, et, n'y apercevant plus rien qui pût lui servir de branche de salut, il se prit de désespoir ; il n'avait plus rien à prétendre à la succession de son père, décédé pendant son exil; sa mère, éloignée elle-même du toit paternel dont un héritier était resté seul maître, ne pouvait lui venir en aide; ses amis l'avaient décidément abandonné; resté sans aucun appui , il dut renoncer à l'espoir de se faire jour au milieu de cette tourbe d'ambitions qui se croisent et se choquent sur le pavé de Paris*. « Ma foi religieuse, dit- il, mes croyances sociales et politiques , ma confiance aux hommes, j'avais tout perdu ; à peine croyaisje en moi-même; mon cœur était un gouffre dont j'ignorais la profondeur. Qu'allais -je devenir?... » Il n'avait plus à choisir qu'entre deux partis : mourir ou rentrer dans son pays. Veyrat céda à l'instinct qui le poussait

• J -P. Veyrat se procura bien quelques ressources en vendant quelques-unes de ses productions; mais elles ne sufllrcnt pas à ses besoins. Faisant allusion à cette nccessilé où il se trouvait de trafiquer de son talent, il écrivait dans son journal : « Le poète sans foitune est le plus malheureux des hommes ; la courli5ane ne livre que son corps, libre de garder au fond du cœur les scnlimentï» qui lui restent; l'autre, au contraire, doit, pour vivre, livrer ses soupirs, ses émotion?, les pensées qui lui sont chères, et jusqu'aux plus secrètes profondeurs de son âme, et cela & un public libre de noircir le loul de la plus injurieuse critique ou du mépris le plus insultant. »

vers la patrie absente, où il espérait trouver le repos pour son corps déjà malade et pour son esprit fatigué. Grâce aux démarches de quelques-uns de ses anciens amis de Chambéry et de Mgr Charvaz, éveque de Pignerol, le roi Charles - Albert , à qui Veyrat avait adressé luimême une demande en grâce sous forme d'épître, l'autorisa à rentrer dans ses foyers.

Dans l'été de 1837, Veyrat revint à Chambéry, et à dater de cette époque il abandonna ses premières opinions politiques. Ce revirement, que nous constatons sans le discuter, parce que nous n'avons à envisager ici que le poète , changea , il va sans dire , complètement les allures de Veyrat. Le rédacteur de V Homme rouge disparut définitivement sous les étreintes du malheur, et fit place à un homme nouveau chez lequel les désillusions et les souffrances avaient fait naître des idées nouvelles.

Aussitôt après son retour en Savoie , Veyrat s'occupa à rassembler quelques-uns des vers qu'il avait jetés sur le papier pendant ses derniers jours d'exil; car souvent, dans les moments où son âme triste et brisée s'abîmait dans des pensers amers , il avait confié à sa plume le soin de traduire son désespoir et ses regrets. Il rassembla tous ces élans de son cœur malade, en y ajoutant ses inspirations nouvelles, et il

en forma sa Coupe de Vexil, œuvre poétique dont l'apparition fut un événement dans la littérature provinciale. Il s'associa ensuite avec Melchior Raymond pour la rédaction du Courrier des Alpes, journal monarchique et religieux, dans lequel il publia des articles remarquables , et enfin il entreprit la composition d'un nouveau poème intitulé Station poétique à Hautecombe.

Mais la maladie vint bientôt arrêter le malheureux poète dans ses derniers efforts; cloué sur son lit de douleurs , il traça péniblement les strophes de son poème, jusqu'au jour où sa main faible et décharnée n'eut plus la force de tenir la plume. Alors il abandonna son œuvre, qui resta inachevée, et ne pensa qu'à mourir; ses lèvres ne quittèrent plus l'image du Christ que pour murmurer des prières, et le 9 novembre 1844 il rendit le dernier soupir, après avoir bu jusqu'à la dernière goutte la coupe d'amertume que Dieu lui avait réservée.

Telles furent les phases principales de la vie de J.-P. Veyrat.

Sous le rapport physique comme sous le rapport intellectuel, la nature ne s'était pas montrée avare à son égard. Sa taille était audessus de la moyenne ; malgré les signes d'une santé débile, qui se traduisaient par l'amaigrissement et un teint bilieux, sa pliysionomie

avait quelque chose qui attirait le regard ; on y reconnaissait, au premier coup d'œil, les marques d'un talent hors ligne. Son front était large et développé , et des pommettes saillantes donnaient à sa figure une expression énergique sans être dure; sur ses lèvres, minces et serrées, errait sans cesse le sourire malicieux de la satire. Au reste , son caractère était calme et paisible ; sa plume seule était la confidente de ses emportements. Homme de bonnes manières, sa conversation était des plus agréables et des plus spirituelles.

Il n'est point vrai que Veyrat, comme on a voulu le dire, se soit livré à de coupables excès et que sa vie ait été la proie de passions désordonnées; il n'eut jamais le goût des plaisirs bruyants qui n'allaient pas à son esprit méditatif; sa vie , au milieu de ses rêves de bonheur comme au milieu de l'infortune et de la souffrance , fut tout intérieure.

Maintenant que nous avons rappelé ce qu'a été l'homme, disons en quelques mots ce que sont les œuvres du poète.

La vie littéraire de Veyrat, comme sa vie privée, est divisée en deux périodes bien distinctes ; la première , celle de ses premiers élans, marquée par V Homme rouge ^ appartient à la satire. Dans cette période, l'esprit de Veyrat

suit sa voie naturelle ; il cède à son penchant natif rendu plus irrésistible par les ardeurs juvéniles : c'est le premier saut du jeune lion qui déchire sa proie à belles dents , parce que l'instinct le pousse sur la chair sanglante. Alors rien n'arrête la fougue du poète ; ses traits acérés frappent sans miséricorde les ennemis de ses principes politiques et sociaux. Tout croule sous l'acier de son style, tout est trituré sous les morsures du sarcasme et de l'ironie la plus sanglante ; V Homme rouge trône sur ces débris !

Mais , comme l'excès tue le succès vrai et durable , l'œuvre première de Veyrat a presque disparu, et il ne reste de lui que les cris déchirants échappés de son àme dans la seconde période de sa vie. Ici, le poète se montre sous un tout autre aspect : la satire a fait place à la poésie lyrique, seule propre à rendre les plaintes d'un cœur souffrant. Dans la Coupe de l'exil, le poète apparaît dans toute son immense douleur; comme Mouthon , mais avec un talent de beaucoup supérieur, il frappe rudement sa poitrine, il s'abreuve de repentir, il met à nu les plaies de son cœur. Son œuvre est toute personnelle, et si, cédant parfois à son premier penchant, il se sert des traits du sarcasme pour flétrir les turpitudes d'ici-bas, c'est encore à lui-même qu'il rapporte tout ; il se fait le point de départ

de cette immense palinodie humaine, pour laquelle il n'a plus que pitié et dégoût. Sceptique, il eût terminé son œuvre par un cri de désespoir; croyant, à la dernière heure, il se voile la face et va chercher dans le sein de Dieu la consolation et l'espérance.

Dans la Station poétique à Hautecombe, Veyrat abandonne en partie sa personnalité. On sent qu'ici le poète , après avoir gémi sur les douleurs morales qui l' étouffaient , revient au pur sentiment poétique ; son esprit soulagé se complaît avec une espèce de volupté dans les harmonies du vers ; il semble oublier un peu la première page de sa vie , qu'il a recouverte d'un linceul, pour ne plus s'attacher qu'à rendre, sous des formes vraies et émouvantes, les scènes sombres ou riantes qui se présentent à son imagination. Par instant, toutefois, un éclair de douleur apparaît comme dans les anciens jours, mais ce n'est qu'un éclair qui, loin de nuire à l'ensemble de l'œuvre, jette au contraire un jour utile sur les nouvelles qualités du poète.

Les poésies de Veyrat ne sont pas sans défauts ; mais on ne peut leur refuser une qualité, la première de toutes, celle qui marque le vrai poète : l'originalité. C'est avec raison qu'un écrivain savoyard a dit en parlant d'elles :

m JEAN- PIERRE VEYRAT. 175

« On y voit quelquefois l'ampleur de Lamartine, la hardiesse de Victor Hugo, le sombre de lord Byron ; on y entend çà et là les grandes voix bibliques , les sourds murmures des forêts d'Ossian, les harmonies pittoresques de Klopstock , et cependant elles ne sont tracées sur aucun de ces modèles, elles appartiennent au génie de l'auteur. Qu'on lise l'ode élégiaque à Dim, les épîtres à ma Sœur, à Childe-Harold, la pièce intitulée le Retour, et l'on s'en convaincra*. »

C'est que, en effet, Veyrat porte au front le signe du vrai talent ; ce n'est plus là le poète médiocre qui marche à la remorque de ses devanciers, et va glaner dans leurs œuvres de vieilles idées qu'il rajeunit par des efforts de style ; ce n'est plus là le poète de second ordre, qui scande péniblement ses pensées et s'embarrasse dans de fausses images : Veyrat entre dans l'arène poétique revêtu des couleurs les plus éclatantes ; sa livrée est bien à lui , nul ne saurait la lui contester; ses premières passes d'armes annoncent un jouteur habile auquel la palme de la victoire est échue d'avance.

Veyrat n'est pas un poète souverain , mais il est, à coup sûr, un grand poète. Une seule

• Tableau historique et critique de la littérature françaicc, par M. GondraD. Cliarabéry, 1856.

circonstance lui a ravi momentanément la réputation dont il est digne, c'est d'avoir été amené par les événements de sa vie à remplir presque exclusivement ses œuvres principales de sa personnalité. Si, à l'exemple des plus illustres poètes , il eût pu écrire pour l'humanité , au nom des grands principes qui doivent la régir, une renommée plus grande planerait aujourd'hui sur sa tombe, hélas! trop délaissée. Une voix puissante se trouvera sans doute un jour qui réparera l'oubli injuste dont notre poète est l'objet, et grâce à cet appui, il prendra, sans conteste, la place que lui assignent ses œuvres au milieu des grands lyriques français *.

* La Coupe de Vexil el la Station poétique a Hautecombe ont eu chacune trois éditions. La première édition de la Coupe de Vexil a été écoulée à moilié en moins de quinze jours, et s'est trouvée entièrement épuisée au bout de six mois.

Veyrat a laissé un grand nombre dé manuscrits dispersés le lendemain mémo de sa mort par des visiteurs indiscrets, qui se sont emparés de tout ce qui s'est présenté à leurs yeux. Nous avons pu retrouver la trace de : !<> Raphaël de Montmayenr, roman en prose; 2» Treize Novembre ou la Fiancée du Carbonaro , drame en cinq actes ; 3° une série de treize chants dont les deux premiers manquent. M. Emile Veyral, neveu de notre poète, a retrouvé un traité passé entre J.-P. Veyrat el un éditeur de Paiis pour la publication d'un ouvrage intitulé Une Famille dans les Alpes, un prospectus d'un autre travail qui portail pour titre Voyage dans les Alpes de la Savoie et du Dauphiné, et le plan d'un roman historique intitulé le Dernier Jour du monastère d' Hautecombe, auquel J.-P. Veyrat a dû beaucoup travailler. M. Emiie Veyrat possède aussi un certain nombre de lettres adressées à son oncle par Barthéiemy, Silvio Pellico, Chateaubriand, Lamartine, etc.

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