LA NOUVELLE ANNEE
Dans mon obscur réduit se glissant ce matin , Et voilée à demi d'une gaze légère , Une femme est venue avec un doux mystère Entr'ouvrir mes rideaux et me tendre la main ;
Elle était jeune, et l'espérance Soupirait dans sa voix des sons harmonieux ; Son regard souriait, mais un peu de souffrance
Pleurait dans le fond de ses yeux :
< Poète, adieu, s'écria- 1- elle ; Sur mes pas il faut t'élancer ; Dans sa course le temps m'appelle , Salut! je suis l'aube nouvelle, Le nouvel an va commencer :
Vois ces fleurs qui parent ma tôte, Les songes caressants vont composer ma cour.
Je brille de Téclat du jour.
Et je vivrai longtemps!... suis -moi, jeune poète, Des lauriers la guirlande est prête, Et je promets beaucoup d'amour !... »
— « Hé! va, lui dis- je, jeune folle!
Elle était belle aussi, ta sœur...
Elle aussi modulait cette douce parole
Qui remet Tespérance au cœur ;
Sur ses pas effeuillant des roses , Les amours la berçaient sur Taile du plaisir : Où sont -ils maintenant? Un souffle peut flétrir
Tes fleurs à peine écloses; Tu crois vivre longtemps... ta sœur vient de mourir!
Jacques Replat.