‹ Les poètes de la SavoieChapitre 50 sur 89 · LA NOUVELLE ANNEE · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE ANNEE

Dans mon obscur réduit se glissant ce matin , Et voilée à demi d'une gaze légère , Une femme est venue avec un doux mystère Entr'ouvrir mes rideaux et me tendre la main ;

Elle était jeune, et l'espérance Soupirait dans sa voix des sons harmonieux ; Son regard souriait, mais un peu de souffrance

Pleurait dans le fond de ses yeux :

< Poète, adieu, s'écria- 1- elle ; Sur mes pas il faut t'élancer ; Dans sa course le temps m'appelle , Salut! je suis l'aube nouvelle, Le nouvel an va commencer :

Vois ces fleurs qui parent ma tôte, Les songes caressants vont composer ma cour.

Je brille de Téclat du jour.

Et je vivrai longtemps!... suis -moi, jeune poète, Des lauriers la guirlande est prête, Et je promets beaucoup d'amour !... »

— « Hé! va, lui dis- je, jeune folle!

Elle était belle aussi, ta sœur...

Elle aussi modulait cette douce parole

Qui remet Tespérance au cœur ;

Sur ses pas effeuillant des roses , Les amours la berçaient sur Taile du plaisir : Où sont -ils maintenant? Un souffle peut flétrir

Tes fleurs à peine écloses; Tu crois vivre longtemps... ta sœur vient de mourir!

Jacques Replat.

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