‹ Les poètes de la SavoieChapitre 51 sur 89 · LE CHEVRIER DES ALPES · texte numérisé non relu

LE CHEVRIER DES ALPES

Un pâle reste de verdure

Se mêle aux neiges du glacier ; Aux lieux où Ton dirait que finit la nature,

Pend la hutte du chevrier :

Quelques rameaux brisés forment le toit sauvage

La feuille sèche, dont l'orage Dépouilla les forêts, forme sa couche : il dort,

Et, sans l'éveiller, la tourmente.

Roulant à ses côtés comme une autre bacchante , Jette sur le hameau l'avalanche et la mort !

Parfois le chevrier, du seuil de sa chaumière , Voit la lune prêter sa tremblante lumière Au torrent qui rugit dans le creux du vallon ; Il suit d'un œil distrait la rapide carrière Des nuages brumeux que pousse Taquilon.

Je disais autrefois : « Sous la hutte sauvage, Heureux si je voyais s'écouler tous mes jours !

J'aurais, pour mes jeunes amours, Les fleurs de l'églantier, la couche de feuillage. Oh ! le ciel près de nous a placé le bonheur : Le lait de mon troupeau, Tair pur de la montagne.

Et le souris d'une compagne , Ne serait-ce pas trop pour remplir un seul cœur? i Mais du vieux chevrier, sur Técho de la plaine ,

Le chant plaintif vint murmurer...

Aux cités , aux déserts , partout la voix humaine

A des douleurs à soupirer !

Jacques Replat.

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