‹ Les poètes de la SavoieChapitre 52 sur 89 · UN PETIT SAVOYARD · texte numérisé non relu

UN PETIT SAVOYARD

A AIiEX. GUIRAUD

AUTKUR uv Petit Satojrani

A peine il était jour : les brouillards du matin Se promenaient encore au fond de la vallée , Et dans nos toits aigus, sous la paille roulée, Les vents sifflaient : la neige entravait le chemin ; Sans bruit nous descendions le coteau solitaire ;

Sur le sol gémissaient les vieillards attendris. « Adieu, village; adieu, chaumière! • Bien loin, tout seuls, pauvres petits.

Nous emportions notre misère...

Mais sous l'abri mouvant dépouillé de ses fleurs ,

Vers le roc moussu de la rive Où le pâtre s'incline, et d'une voix plaintive Appelle, en se signant, la Dame -des -Douleurs, En cercle, on s'agenouille autour de la chapelle, Et notre vieux curé, d'une voix solennelle ; « Courage, enfants! partez! Dieu vous protégera!

Gardez l'honneur et l'espérance !

Vous avez des amis en France, J'en connais un surtout... le ciel le bénira! » A ces mots : « France... Ami, » sa paupière affaiblie

Baignait de pleurs religieux Un livre... C'est celui qu'à la mélancolie

Dicta l'amour des malheureux :

Dès lors je connus de ta lyre

Les accents bien simples, bien doux, Et mon cœur rendait grâce à l'ange qui t'inspire.

Charmant poète de Limoux!

Plus tard, au beau pays de France,

Sous l'aile de la charité.

Ton nom, comme un parfum, jusques aux cieux porté , Résonnait sur les voix de la reconnaissance ; Duval, et Fénelon, et Guiraud tour à tour*, Noms sacrés parmi nous, volaient de bouche en bouche. Et la Vierge qui veille au-dessus de ma couche

Souriait à nos vœux d'amour!

Bienfaiteurs de l'œuvre des Petits-Savoyards.

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