‹ Les poètes de la SavoieChapitre 54 sur 89 · JACQUES REPLAT · texte numérisé non relu

JACQUES REPLAT

Gardien du vallon, et par le temps noirci. Aimait à soulager le pauvre dans ses peines! Hé bien! je lui dirai tes soins purs et touchants,

Tes regrets, tes larmes amèrcs.

Et le Christ du foyer, le Dieu des pauvres mères, Consolera Tami de leurs petits enfants.

Jacques IIeplat.

STANCES A CHAVOIRES *

Adieu mes doux loisirs au bord du flot tranquille! Adieu les peupliers au panache mobile!

Adieu les volets verts, qui se mirent toujours Dans le golfe d'azur! Adieu, modeste asile, Où j'ai compté quelques beaux jours!

Adieu, refrains joyeux d'une folle jeunesse! Là, souvent l'amitié, divine enchanteresse, Au choc de nos flacons répondait avec bruit; Et la flamme du punch bleuissait dans l'ivresse. Comme un follet danse à minuit.

Un jour aussi l'amour a touché ce rivage ; Mes doigts d'un blanc jasmin parèrent son corsage... Que les vents étaient doux! Que le ciel était beau! Ah! bien souvent, dès lors, j'ai rêvé sur la plage Où son pied quitta le bateau.

Village , sur le bord du lac d'Annecy, o»i j'ai demeuré deux î.n.s.

Adieu mon frais abri d'une saison fleurie. Adieu donc!... L'homme ainsi ne peut dans cette \ie Sur le même sillon fixer toujours ses pas... Il faut qu'il marche! il faut que la fleur soit flétrie, Et que l'été mène aux frimas!

La riante oasis, image de ce monde, Pour un jour seulement rafraîchit de son onde Le cavalier arabe; et, loin dos palmiers verts. Il portera demain sa tente vagabonde Sous le vent brûlant des déserts.

Jacques Replat.

284 JACQUEMOUD ( DOCTEUR).

Page 1