LE COMTE AMÉ A CRÉCY
Seul avec ses archers des rives de l'Isère, Chasseur à l'œil certain, à la flèche légère, Il tenait un moment, rempart inattendu.
Le torrent ennemi sur ce point suspendu.
C'est en vain que l'Anglais, du flanc de sa terrasse, R*îpoussait l'assaillant. Lui, fidèle à sa trace. Toujours il revenait plus ardent agresseur. Comme un lion blessé revient sur le chasseur.
Corps à corps, le héros, au sein de la déroute, Sur un tertre isolé, dernier point de la joute. Terrain que pied à pied son désespoir défend , Disputait la victoire à l'Anglais triomphant.
Murs de granit vivant, oscillantes falaises. Non, rien ne les rompra, ces phalanges anglaises! Au nombre il faut céder. Le malheur a vaincu!... Ce penser dans son sein est comme un dard aigu.
Tandis que, l'œil mouillé, sur ces plaines funestes. De la géante armée il contemplait les restes. Son front s'illuminait d'une noble rougeur, Et de son cœur brisé montait un cri vengeur ;
JACQUEMOUD (dOCTEUR). 255
— « Du rang des nations, l'Anglais d'un trait de lance Ne Teffacera pas, ton nom de reine, ô France! France, relève -toi! Le malheur, sous son faix Peut bien courber ton front, mais le briser, jamais!... »
DoGT. Jacquemoud.
(Lb Comte Vb&t, cb. m, 5 ix.)