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LE COMBAT

Le Héros fait un signe... Au geste de sa lance.

Comme à Tordre intimé Tesolave qui s'élance.

Le combat obéit. Comme au sein du Liban,

De deux pics opposés on voit deux avalanclies

Roulant dans le bas- fond des Fuonts leurs vagues blanches,

En Tair se disputer, dans leur choc furibond,

La gorge du bassin, et puis, d'un même bond.

Au môme abhiie, après quelques moments de lutte,

De leurs torrents mêlés précipiter la chute;

Tels, fondant l'un sur l'autre à la fois d'un vol prompt.

Les deux camps ennemis s'entre-cfioquent de front;

Et déjà la mêlée en sa sanglante orbite

Commence à tournoyer. Sur le sol qui palpite.

Elle est à l'œuvre et va broyer, comme un faucheur.

Des peuples de tous bords et de toute couleur,

Des hommes arrivés du couchant do l'aurore.

Du Liban, du Cenis, du Léman, du iîo.sphore :

Elle est dans son domaine; elle tempête, elle a,

Sous ses pieds, à pétrir les combattants d'Allah

254 JACQUEMOUD (dOCTEUR).

Et ceux de Sabaoth. Le sang à pleine ornière.

Les ondes de rumeurs, les vagues de poussière.

En tourbillons serrés dans le gouffre profond

Tout roule... et la mort seule en mesure le fond.

C'est le volcan au flux vivant ; c'est la fournaise

Au brasier animé, qui dévore à son aise

Toute cette matière aux palpitants bouillons,

Hommes, armes, chevaux, drapeaux et pavillons;

C'est la meule effroyable, à la fumante base,

Qui tourne en sa colère et dans sa marche écrase.

Comme un froment séché, ces mille essaims divers.

Ces carrés onduleux, d'or et d'aciers couverts.

La poussière qui sort de ce sanglant théâtre

S'étend sur le combat en pavillon grisâtre.

Et, comme un long tonnerre en éclats déroulé,

La bataille, mêlant tous les cris, a hurlé :

« Jésus et Mahomet! Omar et saint Maurice!

Et croix blanche et croissant ! qu'il vive et qu'il périsse !

DocT. Jacquemoud.

(Lb Comte Vbbt, cb. Tiii. $ ix.)

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