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LA VICTOIRE

L'épée, aux arsenaux du vieux mont Blanc fourbie. Comme un verre a brisé les lames d'Arabie; Elle a frappé ses coups ; et, sous le choc mortel. Dans la fange ont roulé les turbans d'Ismaël. Elle a fait dans leurs rangs comme le vent d'automne. Quand les arbres jaunis lui livrent leur couronne.

JACQUEMOUD (DOCTEUR). 255

Les travaux d'Occident irétaient que des loisirs;

Mais elle a, dans ces champs, des têtes de visirs.

Au signal de son maître, ouvrière sans trêve,

Elle en a bien couchés, pantelants sur la grève,

De superbes émirs, de magnifiques beys,

Puis des scheiks du déserl!... Douleur! ces chevaux bais

Que l'oiseau n'aurait pu du vol suivre à la trace,

Et dont l'aga savait par cœur la noble race :

L'aigrette à touffes d'or, qui s'étoile au soleil ,

La housse aux poils tigrés et le frein de vermeil :

Les tentes de Syrie avec leur bigarrure,

L'atagan ciselé, admirable parure.

Et le joli kandjar au fer damasquiné,

De perle et de rubis fraîchement fleuronné,

Qui, plongeant dans le cœur où sa fureur s'attache,

Semble un bouquet d'amour que dans un sein l'on cache ;

Et les carquois dorés, vases de trahison.

D'où vers leur but les traits imprégnés de poison

Volaient inopinés, comme de son repaire,

Pour mordre aux vives chairs, s'élance la vipère :

Puis la barbe de jais, le rouge doliman.

Et le ceinturon vert du cavalier osman ;

Tout jonche au loin le sol... Les juments hérissées

Qui broutent du mont Blanc les bruyères glacées,

Hélas! ont tout moulu sous leurs rudes sabots.

DocT. Jacquemoud.

(L» CoMTï Vb»t, ch. VIII, S »«•)

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