MARGUERITE
Marguerite, auréole blanche, Qui fleuris au bord d'un ruisseau , Qui dors à Tombre de la branche , Comme un enfant dans son berceau ,
Je t'aime quand ta jeune tige Se baigne des pleurs du matin , Qu'un sylphe autour de toi voltige, Et, craintif, se cache en ton sein;
Quand la brise te berce, molle Comme la vague du lac bleu.
Qu'un papillon sur ta corolle, Etend ses deux ailes de feu.
Tu sais, ô marguerite amie.
Combien souvent près de ta fleur, Heureux je rêve et te confie Le secret chéri de mon cœur !
Combien de fois j'ai parlé d'elle A l'écho du rocher lointain, A la Vierge de la chapelle, Au pauvre qui me tend la main!...
ALFRED l'IîGKT. 2o7
C'est qu'elle est si frêle et si pure, Que Ton croirait qu'elle a choisi Un bracelet pour la ceinture Qui presse son corps de péri.
A ses regards si ton front brille, Peut-être elle te cueillera, Et sur son cœur de jeune fille, Comme une sœur, te placera ;
Mais si, pétale par pétale.
Sa main dépouillait ton bouton , Et de ta robe virginale Jonchait le sentier du vallon.
Lorsque de ton blanc diadème Le dernier fleuron tombera , Oh! dis-lui, dis- lui que je Tainie, Comme jamais on n aimera;
Comme la fleur qui vient d'éclore Aime les baisers du zéphyr ; L'oiseau, le retour de l'aurore; Et l'âme, un riant souvenir.
Alfred Puget.